Citation du moment

« On ne conduit le peuple qu'en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d'espérance.»
Napoléon Bonaparte

mardi 27 mai 2014

Analyse post-élections européennes

Au lendemain des élections européennes il est temps de revenir sur les propositions des nombreuses listes présentent et sur les résultats, attendus, du scrutin.

Un mot sur la campagne : enclavée entre les élections municipales françaises, les jours fériés de mai, et l’annonce des beaux jours, cette courte campagne (3 semaines) laisse peu de temps aux débats. L’envoi des tracts aux électeurs se fait dans les derniers jours (le vendredi pour moi), certainement souvent trop tard pour être pris en considération par les électeurs. Électeur dans la circonscription Sud-Est 12 listes étaient présentes dans mon enveloppe. On peut facilement les diviser en deux groupes de 6 : ceux qui étaient sur d’avoir des élus, et les autres. Dans le premier groupe on trouve le Front National (FN), l’UMP, le Parti Socialiste (PS), les centristes européens (UDI-MoDem), les écologistes (EELV), et le Front de Gauche (FdG). Les autres listes, aspirant pour certaines à avoir un élu, étant les souverainistes de Debout la République (DLR), trois mouvement citoyens l’un mené par D.Payre (Nous Citoyens), plutôt libéral et européistes, le second étant Nouvelle Donne plus social, et enfin une liste écologiste rejetant l’alliance PS-EELV, s’ajoute une liste ouvertement communiste : Lutte Ouvrière, et des Régionalistes (Région et Peuples Solidaires).

Cette diversité était accrue par des listes non représentées ni dans ces enveloppes ni par des affiches. Si le choix est un élément critique en démocratie, le déferlement de 20 listes ou plus est pour moi contre-productif : le débat ne peut pas avoir lieu dans de bonnes conditions. Les douze listes énumérées ci-dessus constituent pour moi un maximum raisonnable.

En étudiant plus précisément ces listes on trouve deux listes fondamentalement europhobes : le FN et DRL. Notons que leurs idéologies n’ont rien en commun et qu’ils ne sont pas contre l’Europe, l’Europe des nations qui travaillent ensembles, mais contre l’Union Européenne, une liste eurosceptique : le Front de Gauche remette en cause le fonctionnement de l’Union sans vouloir la jeter à terre, les autres sont, à des degrés divers, plutôt européistes. 

Voici la bonne nouvelle réclamée par un commentaire de De Gauche :
L’Union Européenne n’est pas morte ! Une majorité des listes mais aussi des sièges sont toujours aux mains des pro-Union.


Que dire des listes PS et UMP : l’un a réuni tous les pouvoirs durant une décennie, et c’est, depuis 2 ans, le tour du second. Certes avec de bonnes actions (au crédit de l'un et l'autre) mais trop peu, et surtout une défiance, en grande partie mérité, de la part des français vis-à-vis de ces ex-partis de pouvoir. Que trouve-t-on dans leurs tracts ? Rien d’autres que des promesses déjà formulées maintes fois. Pourquoi croire qu’elles seront tenues cette fois ? J’ai cherché une vision de l’Europe dans ces deux professions de foi, en vain.

Le FN, utilise toujours les peurs pour attirer l’électorat à lui, surtout la plus vieille peur des peuples : celle de disparaître, annihiler par l’étranger, le barbare, l’autre. Mais il utilise aussi le rejet à la fois de l’UMP et du PS qui se sont partagé le pouvoir ces dernières décennies, mais aussi d’une Union Européenne opaque pour le peuple, préférant parler de Bruxelles plutôt que de l’Europe, de l’UMPS plutôt que de l’Europe. Dans leur démarche actuelle de dé-diabolisation pas, ou peu, de trace de racisme sur ce tract, opération séduction réussit, élection gagnée…

Le Front de Gauche, fidèle à sa ligne de 2012 veut représenter la nouvelle gauche française, loin de la sociale démocratie prôné par l’Elysée. Les déçus du PS sont clairement visé, le succès est limité, probablement par une faible mobilisation (57% d’abstention), un certain pragmatisme des électeurs de gauche : le socialisme oui, mais pas sans libéralisme (sur ce sujets les communistes du FdG font office d’épouvantail), enfin par le pouvoir d’attraction historique du PS.

Avec Debout la République et son slogan européen « ni système, ni extrême », N.Dupont-Aignan représente une alternative crédible pour les eurosceptique et europhobe qui ne se retrouve pas dans l’extrême droite. Le projet présenté est clair, on peut s’interroger sur ses faibles scores aux élections étant donné la monté de l’euroscepticisme et la désunion de l’UMP. La formule Gaullisme social (donc économiquement au centre gauche) avec un souverainisme convaincu ne semble pas convaincre. Il serait pourtant plus facile de construire un avenir avec DLR qu’avec le Front National.

Passons aux européistes convaincus, assez éloignés l’un de l’autre sur l’échiquier politique français, EELV et l’union des centristes UDI-MoDem, se rapprochent sur les questions européennes : une démocratisation des instances européennes, un pas de plus vers un fédéralisme européen, qui fait peur mais qui permettrait de ne pas subir la mondialisation. Economiquement on retrouve de grandes lignes sur les deux tracts : nouvelles technologies, nouvelles infrastructures… EELV va plus loin sur la voie écologiste, UDI-MoDem insiste plus sur les solutions économiques à apporter pour relancer notre pays et l’Europe.

Bien évidement sur d’autres sujets ces deux partis sont opposés. Pour finir j’attirerai l’attention sur l’opposition farouche au nucléaire d’EELV : certes le nucléaire est une énergie dangereuse, mais n’est telle pas la solution à court terme pour lutter contre le changement climatique ? Nous y reviendrons bientôt.

Enfin, les listes citoyennes veulent apporter un regard nouveau sur la politique, du sang neuf dirait-on. Les idées sont intéressantes, espérons les voir peser dans le débat : y compris hors période électorale.


Et où va-t-on maintenant ?

Les europhobes et extrémistes feront du bruit à Strasbourg mais ils n’auront pas assez de poids pour bloquer l’Europe. Sans majorité à Gauche ni à Droite, une grande coalition devra se former. Un scénario idéal pour appliquer, en Europe déjà, la proposition faite il y a quelques semaines : un rassemblement d’une partie de la gauche historique, soutenant la politique de F.Hollande, du centre et d’une partie de la droite, libéraux modéré et européistes.


Unie dans la diversité

vendredi 9 mai 2014

De la puissance


La puissance mécanique est facilement quantifiable, comparer la poussée de deux moteurs ou de deux packs d’avants au rugby est aisé, mais comparer la puissance de deux pays l’est beaucoup moins. La définition physique peut être valide : l’énergie déployable durant un temps donné (Joules/secondes = Watts), mais comment définir l’énergie d’un pays, d’une nation, d’un peuple ?

La puissance d’un pays n’a pas de définition exacte, immuable. On utilisera les anglicismes hard et soft power pour différencier la puissance matérielle (économique, militaire, territoriale,…) de l’immatérielle (rayonnement culturel, scientifique,…). Mais il y a un nivellement de certains paramètres avec le temps : l’économie, les armées, les sciences, ce processus égalitaire est accéléré par la mondialisation et la rapidité des échanges. D’autres sont immuables, comme la superficie, ou changent doucement : les ressources naturelles, la population…

On peut essayer de quantifier la puissance par la moyenne de différents paramètres, leur multiplication ou d’autres calculs plus complexes. Sur wikipedia on trouve un tableau récapitulant les parts de la population mondiale, du PIB mondial, du financement de l'organisation des Nations unies (forme de soft power), des dépenses militaires mondiales et de la superficie mondiale pour 12 pays, dont les grandes puissances d’aujourd’hui. La moyenne de ces parts donne un classement plausible des pays, les Etats Unis seraient 35% plus puissant que la Chine, et respectivement 73,  85 et 89% plus que la Russie, la France et l’Italie. Le produit de ces mêmes paramètres donne un autre classement, lui aussi plausible, à la différence que les écarts sont bien plus grands : les Etats-Unis restent en tête avec une avance de 75% sur la Chine, les autres accusent un déficit de puissance de plus de 99.8% face aux Etats-Unis. Ce résultat s’explique par le poids de la puissance économique qui régit bien évidement le pouvoir économique d’un pays, mais aussi ses dépenses militaires, et son apport financier à l’ONU (comme toutes autres dépenses de rayonnement). La population et la superficie sont décorrélées, ayant déjà abordé les aspects économiques ici et , intéressons-nous à ces deux derniers aspects.
 


Population et superficie des 32 premiers pays en terme de population (sources : CIA World Factbook & fr.wikipedia.org)


Étudions les données de la figure ci-dessus, premièrement j'ai fait le choix de représenter les 32 premiers pays en terme de population, il manque donc quelques géants territoriaux.
Sur ce graphique, on remarque facilement les deux géants asiatiques avec des populations aussi gigantesques que comparables, de même, quatre pays ont des superficies qui les différencies des autres, la Russie est elle-même à part dans ce groupe et la Chine a à la fois une population et une surface remarquable. Ces 5 pays sont sans aucun doutes de grandes puissances, d’aujourd’hui ou de demain lorsque leurs économies auront terminé leurs transitions. Ensuite les écarts sont moindres, mais certains pays ont clairement un avantage soit territorial soit démographique. Les douze premières populations, de la Chine aux Phillipines peuvent sans conteste compter sur le nombre pour assoir leur puissance : soit par une production aisée et tournée vers l'exportation, soit par un marché intérieur dynamique. Il y a certes des inconvénients : poids des dépenses d'infrastructures pour certains, vieillissement de la population pour d'autres (Japon), surpopulation et pollution (Bangladesh, Chine dans certaines zones,...). Coté territorial il y a six géants, quatre présents sur la figure ci dessus et deux autres : le Canada (taille comparable à la Chine) et l'Australie (un peu plus petite que le Brésil). Il y a ensuite une quinzaine de pays, de l'Inde à la Mongolie, dont la superficie est supérieure à 1,5 millions de kilomètres carrés (à noter que le Danemark en fait parti grâce au Groenland). Ces grands territoires ouvrent généralement des opportunités d’exploitation de ressources naturelles, puis suivant les cas : un moindre impact de la densité de population (contrairement à un pays comme le Bangladesh), l'auto-suffisance alimentaire et énergétique, la création de grandes structures (comme les parcs solaire dans les déserts)...

Mais d'autres pays n'ont pas ces atouts, prenons l'exemple italien : petite superficie, densité de population importante, mais l'un et l'autre font de l'Italie un poids plume à l’échelle mondiale. Pourtant ce pays est hérité de l'Empire Romain, il est le berceau de la famille Medicis, de Ferrari, Fiat et des grands Michel-Ange, Léonard de Vinci...
Grandeur passée, effacé par la mondialisation d'une part mais surtout par un ré-ajustement technique entre l'Europe et le reste du monde. Les pays d'Europe ont dominé durant de nombreux siècles, mais aujourd'hui il ne représentent plus qu'un vieux continent, essoufflé par sa course en tête.

Notre salut ?
L'Union Européenne : 505 millions d'habitants, 4,5 millions de kilomètres carrés. La 3ème population mondiale, et la 7ème superficie, sans oublier que l'Union représente le premier PIB mondiale et grâce à son niveau de développement : marché intérieur gigantesque, des infrastructures de qualités... C'est bel est bien une grande puissance du XXIème siècle à laquelle nous appartenons, sous réserve de travailler ensemble sans soumissions à un quelconque maître (Kremelin, Whashington, Pekin, finance,ou autre), sans chercher le fédéralisme à tout prix, en conservant nos identités nationales. En restant ensemble nous pouvons être acteurs du XXIème siècle.

D'autres facteurs entre en jeu, comme le rayonnement culturel et le domaine maritime (ZEE). Dans ces deux cas la France à des atouts : seconde ZEE mondiale, la francophonie et un patrimoine culturel réputé, il faut chercher à les valoriser. J'espère y revenir bientôt.

lundi 28 avril 2014

Partis de Pouvoir

UDR et PCF puis PS et RPR-UMP ont été les partis de pouvoir de la Vème République, contrôlant tour à tour l’Elysée, l’assemblée nationale, les collectivités territoriales… De 2007 à 2012, unis autour de N.Sarkozy les sympathisants, militants, responsables et élus de l’UMP ont porté au pouvoir leur chef et son parti, son parti au sens propre car il en était le président. Rassemblés avec un programme résolument socialiste les français menèrent F.Hollande à la présidence de la République en 2012. Mais malgré ce programme de gauche, F.Hollande représentait une voie modérée dans son parti, bien loin du très radical J.L.Melenchon.

Que c’est-t-il passé depuis cette élection présidentielle ?

L’UMP s’est déchirée dans une sombre histoire de succession. Notons que la droite française est habituée à ces séparations douloureuses. De son côté le Parti Socialiste est écartelé entre la ligne gouvernementale, social-démocrate, son nom : socialiste et son histoire : le socialisme. L’approche des élections a révélé ces fissures dans l’échiquier politique, le résultat des municipales les a amplifiées, la campagne européenne va les exacerber.

Le socialisme préconise une politique de relance par la consommation nonobstant les dépenses excessives de l’Etat qui nous rapprochent chaque jour de la banqueroute. Les libéraux convaincus refusent l’Etat providence et souhaitent limiter les dépenses en les recentrant sur les missions régaliennes, c’est fermer les yeux sur toute une frange de la population qui souffre des inégalités. Les souverainistes, présents à gauche, au centre et à droite, voient l’Europe comme la source de tous les maux de notre pays, et cela en restant aveugle devant les bienfaits de cette Europe. Refuser l’Europe en période de croissance serait simplement une erreur, aujourd’hui, en période de récession, ce serait ouvrir une boite de pandore. Reprochons à l'Europe son fonctionnement peu démocratique et mobilisons l'opinion pour les futurs élections. Mais arrêtons de faire à l'Europe un procès à charges.

Si l’UMP en 2007 puis le PS en 2012 ont pu obtenir une majorité parlementaire, qu’en serait-il en cas d’élection en mai 2014 ? Osons l’uchronie.

Le PS se diviserait entre une ligne très sociale qui se rapprocherait sans peine de J.L.Melenchon et une ligne Sociale-Démocrate soutenant le Président de la République. L’UMP se diviserait entre les européistes et les souverainistes, qui eux même pourraient se rapprocher de DRL pour une part et du FN pour une autre. Ajoutons à cela un centre plus ou moins uni, le FN représentant plus d’un sixième de l’électorat, une extrême gauche en déclin par rapport aux PCF des années 50 mais toujours présente, et pourquoi pas un courant écologiste plus fort qu’en 2012.

Résultat ?

8 tendances représentant moins de 15% de l’électorat, électorat qui voterait, à juste titre, sur des problématiques propre à sa région, sa communauté, son origine sociale, son métier… Plus aucun parti de pouvoir n’existe aujourd’hui. Personne ne s’impose, personne ne propose un projet pour la France et pour l’Europe.

Quel rassemblement pourrait se substituer à ce mixte électoral contre-productif ?

Un rassemblement de tous les hommes et les femmes qui veulent croire en la grandeur de la France, en l’Europe, en l’Humanisme, en une politique sociale raisonnée, à des dépenses rationalisées, à une économie libérale, qui permet à tous de créer, d’innover, mais une économie encadrer pour assurer une protection sociale tous les salariés.

En terme de partis politiques ce rassemblement est possible, certainement pas par une utopique union sacrée réunissant droite et gauche mais en formant une grande coalition allant du courant social-démocrate présent à la fois au sein du PS et au sommet de l’Etat, jusqu’à la frange de l’UMP qui redoute la monté des phobies (Europe, immigration, euro, dépenses sociales,…) dans leur propre parti, en passant par les radicaux de gauche et de droite, les centres (MoDem, UDI, RS,…). Les aspirations sont les mêmes : une Europe juste et démocratique dans laquelle la France a sa place, une justice sociale lointaine héritière du CNR (Conseil National de la Résistance), une économie renouvelée et basée sur l’excellence et l’innovation d’un fort réseau de PME.

Trois forces peuvent appuyer ce rassemblement. Le Président de la République, impopulaire car banni par la gauche et rejeté par la droite, peut appeler à ce rassemblement au parlement en premier lieu. Le vote du pacte de responsabilité demain sera un test, mais il aurait pu être significatif si ce message d’union avait était porté plus clairement. Les élus peuvent prendre leur responsabilité et abandonner le stupide clivage majorité – opposition en soutenant ouvertement telle ou telle politique. Et non à demi-mot comme certains le font : assez intelligents pour reconnaître l’intérêt de la France mais trop lâches pour s’opposer à leur groupe parlementaire. Le dernier levier est celui du peuple : par le vote, en interpellant les élus et en diffusant ces idées, certaines idées.

La France ne veut abandonner ni sa politique sociale, dont en premier lieu la Sécurité Sociale, ni ses retraites par répartitions, symboles de la fraternité nationale, ni sa politique libérale institué par la Révolution et emblématique de la liberté, ni son état central incarnant l’égalité entre tous. La France ne veut pas non plus abandonner son influence internationale garantissant le développement continue à l’échelle mondiale de l’idée même de démocratie. Parce que la France et les français ne veulent rien abandonner de tout cela une politique raisonnable mais déterminée et soutenue par toutes les forces de la nation doit être mise en place.

En réglant des problèmes bassement financiers d’une part et concernant la politique des partis d’autre part, la France doit redevenir l’allégorie de l’humanisme et continuer d’offrir à chacun, fils d’ouvrier, de cadre, d’immigré, hommes et femmes, l’opportunité de choisir son avenir.

mercredi 9 avril 2014

Confiance ?

Hier, le 8 avril 2014, une semaine après avoir été nommé, Monsieur le Premier Ministre Manuel Valls a prononcé son discours de politique générale et demandé la confiance du parlement, qui lui a été accordée. Depuis sa prise de fonction il essuie des critiques de toutes parts : capitaliste pour l’extrême gauche, libéral et européiste pour les souverainistes, pro nucléaire et autoritaire pour les écologistes, dangereux socialiste pour l'UMP, ...

Son discours a déjà été critiqué comme : restant dans la ligne du précédent gouvernement de J.M. Ayrault, reconstruisant ce qui avait été mis en place par N.Sarkozy et supprimé par  J.M. Ayrault, étant une copie de l’intervention de F.Hollande il y a 10 jours, ...

Cette levée de boucliers unanime dans l'assemblé nationale peut être vu comme la preuve d'un certain équilibre dans la politique qu'il propose : redresser la France sans léser ni les entreprises ni les ménages modestes. Certes ses propositions ne sont pas nouvelles, ce sont uniquement les solutions connues depuis de longues années et jamais appliquées.

On trouve, entre autres, les mesures suivantes :
  • Réformer les collectivités territoriales : fusions de régions, suppression des doublons (dont clause de compétence générale)...
  • Réformer l'Etat : supprimer les taxes qui coûtent plus cher qu'elles ne rapportent ainsi que les services inutiles...
  • Réformer la sécurité sociale : restructurations des hôpitaux, baisser les prix des médicaments...
Ces mesures sont indispensables. Bien d'autres le sont évidement, mais il faut dépasser les clivages et admettre que cette politique est bonne. Ce sont des réformes qui auraient du être faites depuis de longues années, que ce soit par la droite ou la gauche.

Un grand regret pourtant à l'heure du bilan sur ce discours : l'échéancier. Si les mesures sont bonnes, la répartition temporelle de ces réformes ne l'est pas. F.Hollande avait identifié un élément important : "Pas assez de changements et donc trop de lenteur.", cela n'est malheureusement pas traduit dans les actes, en effet M.Valls propose un échéancier allant de 2015 à 2021. Trop de temps a déjà été perdu depuis plusieurs décennies, il faut agir maintenant, commencer l'application des réformes en septembre prochain, et viser des effets dans les 18 ou 24 mois.

Dans le même temps il faut revoir notre politique d'aide à l'emploi complètement dépassé par la situation, l'inefficace financement aux entreprises, lancer un urbanisme nouveau pour faire disparaître les ghettos, et bien d'autres choses...

Demander des efforts aux français certes, mais en leur proposant un avenir, un avenir pour eux et pour la France.


Pour finir je retiendrai le geste de M.Valls après son discours, cette main tendue à l'opposition pour construire un projet commun, passer outre le stupide clivage gauche-droite. 

[...] chacun à prendre sa part de responsabilité [...] Et si on travaillait autrement (...), pour sortir de nos ornières, de nos caricatures
M.Valls, le 8 avril 2014, devant l'Assemblé nationale.

Je retiendrait aussi les réactions de certains députés de l'UMP qui ont ouvertement refusé cette main tendue, alors qu'ils sont sans aucun doute responsables de la situation car ils sont proches du pouvoir depuis bien longtemps. De plus la politique que propose M.Valls est compatible avec leur propre ligne politique. Sans vouloir une hypothétique union sacrée, il faut aller plus loin que de simples déclaration telles que "nous voterons pour les mesures bénéfiques au pays" dont seuls quelques crédules peuvent se contenter.

samedi 5 avril 2014

Uzbin, 18 août 2008

J'écris cet article en réaction à un reportage vu sur France 2 il y a quelques jours, il traitait de l'embuscade qui a coûté la vie à 10 soldats français au cœur de l’Afghanistan.

Ce reportage est remarquable car il laisse majoritairement la parole aux acteurs, aux hommes qui y étaient. Les considérations politiques sans objet sont laissées de côté. Par ces témoignages il est possible de prendre mesure de ce qu'est la guerre, cette épreuve à laquelle sont soumis tous les combattants, qu'ils soient français, anglais, américains, afghans, vietnamiens, tchadiens, algériens...

La parole est aussi laissée au Général Irastorza, chef d'état-major de l'armée de terre lors de l'embuscade, qui rappelle à juste titre que la guerre engendre la mort. La mort passe au-dessus de ces considérations que sont la victoire ou la défaite, et chacune est une tragédie, celle de ces 10 soldats, celle des 79 autres tombés en Afghanistan, et celle des millions d'autres anonymes disparut les armes à la main.

Dans une moindre mesure la parole est donnée à des parents qui sont restés alors que leurs enfants sont partis pour ne pas revenir. Comme cela est déjà arrivé l'armée est accusée de ne pas avoir assez protégé les enfants de la partie, mais pour la première fois le conflit est arrivé jusque devant la justice civile. Pourtant ce recours est vain : il n'y a pas de responsable si ce n'est l’intérêt supérieur de la patrie. Certes il fallait prendre mesure de cet événement, et cela fut fait (un exemple ici) mais la protection totale des combattants ne peut pas être assurée. En effet, une guerre ne se gagne pas enfermé dans une carapace d'acier ou de béton, mais par la présence des soldats aux cotés des populations civiles, seul le rapport d'homme à homme peut faire évoluer une situation. La guerre malienne n'a pas été gagnée en restant dans les avions de combats, par ailleurs indispensables, mais bien en allant chercher, à pied, l'ennemi dans ses bases.

En allant au-delà des tragédies individuelles il est utile de rappeler que le bilan des pertes françaises d'un an en Afghanistan est équivalent à, environ, 4 jours de la guerre d'Algérie ou 10 minutes de la première guerre mondiale. Et si ce reportage montre les souffrances des hommes sous le feu dans un engagement limité, sauf pour ces hommes, et dans le lointain Afghanistan, n’oublions pas qu’un jour notre pays, c’est à dire l’ensemble des citoyens, aura peut-être de nouveau à se battre pour sa survie. Ce sera alors à nos portes et cet engagement devra être sans aucune autre limite que la volonté de défendre la liberté et l’idée même de la France.

mardi 1 avril 2014

L'espoir

Les dernières élections municipales ce sont passées exactement comme prévu : un drame démocratique, c'est à dire un forte abstention suivie de tractations politico-politiques entre partis et candidats. Évidement, c’est aussi une défaite de la majorité au pouvoir, mais cette défaite était inscrite sur les livres d'histoire avant même que F.Hollande ne soit élu car depuis plusieurs décennies la France joue le jeu de l'alternance, proche du centre, entre gauche et droite. Aucune surprise donc...

Aucune surprise non plus à propos de la percée, mineure ne l'oublions pas, du Front National. Dure épreuve pour ce parti d'ailleurs. En effet s'il rate la gestion des villes que lui ont confié les électeurs il tombera dans l'oubli pour quelques années. S'il réussi sa gestion son avenir n'est pas assuré non plus : trop traditionnel il perdra son statut d'alternative nouvelle dans les yeux de l'opinion; trop intolérant, son image traditionnel, il sera rejeté par une large part de son électorat de 2014; dernière option, s'il réussi la gestion de ces villes avec une politique nouvelle, républicaine, et tolérante alors, et alors seulement, il pourrait devenir une force politique importante.
Bref, aucune surprise ici non plus...

En septembre la majorité actuelle perdra le Sénat, dès lors F.Hollande n'aura plus de raison de garder un semblant d'alliance avec EELV et le Front de Gauche. Sa politique va elle changer? Le remaniement ministériel de ce soir en atteste en partie, mais il promet aussi de garder la même ligne : social démocrate ou presque.

Ce remaniement ministériel est-il une bonne nouvelle ? Oui et non. C'est une nouvelle terrible car c'est la preuve que la politique des 22 derniers mois n'était pas optimale. Mais c'est aussi une bonne nouvelle car F.Hollande démontre qu'il en a pris conscience.

Ce soir le Président de la République a fait le choix de M.Valls pour former un gouvernement. Un choix dicté par la popularité de celui-ci dans l'opinion publique mais aussi par son activité et son volontarisme. Il travaille mais surtout il le montre. 

J’ai entendu votre message, il est clair.
Pas assez de changements et donc trop de lenteur.
Pas assez d’emplois et donc trop de chômage.
Pas assez de justice sociale et trop d’impôts.
Pas assez d’efficacité dans l’action publique et donc trop d’interrogations sur la capacité de notre pays à s’en sortir, alors qu’il a tant d’atouts.
F.Hollande, Président de la République, le 31 mars 2014.


Trop de lenteur, oui Monsieur le Président, Messieurs les Présidents devrais-je dire, la France a besoin d'une action forte, déterminée, rapide. Tout comme votre prédécesseur, les réformes que vous entreprenez sont intéressantes mais marginales, une révolution législative est possible, c'est à vous de l’insuffler. 

[...] le gouvernement aura à mettre en œuvre le programme d’économies budgétaires que j’ai annoncé. [...] Il ne peut être question de fragiliser la croissance qui repart. Il s’agit de transformer notre Etat.
F.Hollande, Président de la République, le 31 mars 2014.

Cette transformation de l'Etat est demandée par la cours des compte depuis des années, depuis l’éducation nationale jusqu'au fonctionnement de la SNCF, le rapport du Comité Balladur (demandé et reçu par N.Sarkozy) contenait dès 2009 les clefs de la réforme des collectivités territoriales. Aucune de ces reformes ne fut menée à terme. Commencez avec le pacte de responsabilité, et ne vous arrêter plus.
C'est cela que la France attend : des reformes qui aillent au bout. Votre côte de popularité ne peut pas tomber plus bas désormais, alors profitez en. Une fois ces reformes faites vous deviendrait la figure qui a sortie la France de la crise et votre nom restera dans l'Histoire.

Renoncez, échouez et vous plongerez la France dans la récession, l'Europe dans la torpeur, et la démocratie dans l’abîme.

Vos avez acté l'entrée au Panthéon de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Pierre Brossolette, et Jean Zay, leur esprit, celui de la résistance, vous est donc familier. La réussite de votre entreprise est possible.

Soyons fermes, purs et fidèles ; au bout de nos peines, il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n'ont pas cédé.
Charles de Gaulle, 14 juillet 1943.


Car, je n’ai qu’un seul objectif, la réussite de la France et des Français.
C’est ma mission, je l’assumerai sans faille.
F.Hollande, Président de la République, le 31 mars 2014.




J'espère donc une surprise, une bonne surprise, lors des prochains mois. Et comme vous l'avez dit ce soir :
Vive la République et Vive la France !




Allocution de Président de la République du 31 mars 2014 : à lire ici


mardi 18 mars 2014

Les français, des militants apolitiques clivants…

Avec le développement d’internet la liberté d’expression de chaque citoyen semble avoir été décuplée, en effet, munie d’un ordinateur, et maintenant d’un « téléphone » ou d’une tablette, on peut s’informer et réagir à chaque événement, ou non-événement, par le biais de commentaire laissé sur les sites d’information et sur la multitude de blog et autres plateformes d’échange.

On peut utiliser ces commentaires, laissé par la partie des français à la fois « connectée » et « militante », pour avoir un thermomètre temps réelle de l’état de l’opinion. Je veux m’intéresser ici à la brutale évolution du contenu des commentaires entre la fin du mandat de N. Sarkozy et le début de celui de F. Hollande.

Finalement le contenu et les conclusions sont très similaires d’une période à une autre : l’exécutif est mauvais, les parlementaires incompétents, les décisions incohérentes. Il faut les « virer » dès les prochaines élections.

De 2007, peut-être 2008 au début de la campagne présidentielle, fin 2011, on a pu assister sur la toile à des attaques en règle de tout ce que pouvais faire, proposer et même dire N. Sarkozy, ses amis et ses soutiens. Depuis la fin des 100 jours de grâce post élection, on retrouve exactement le même comportement vis-à-vis de F.Hollande.

Cela pourrait s’expliquer facilement par les résultats mêmes des élections, les deux présidents, comme la majorité de leurs prédécesseurs, ont été élus avec seulement quelques pourcents d’avance sur leurs opposants politiques. Pourtant dans ces conditions on devrait voir sur ces forums de discussion des oppositions entre partisans et opposants à telle ou telle idée. Mais c’est bien avec une violence non déguisé que les internautes s’attaquent à nos dirigeants, sans aucun discernement. Le parti au pouvoir et l’homme qui l’incarne sont présentés comme des personnifications d’idéologies malsaines. Combien de fois avons-nous pu lire des associations, aussi stupides que dangereuses, entre N. Sarkozy et le fascisme ou la corruption, entre F. Hollande et le laxisme ou l’esprit de Munichois. L’un parce qu’il était de droite, l’autre parce qu’il est de gauche.

Pourtant leurs politiques respectives sont-elles drastiquement différentes ? N. Sarkozy voulait augmenter la TVA, F. Hollande l’a fait, F. Hollande a relancer début 2013 le projet de son prédécesseur de simplifier le mille-feuille territorial de notre pays, N. Sarkozy fut grandement critiqué sur sa politique de fermeté vis-à-vis de l’immigration, F. Hollande a lui aussi connu une crise à propos d’une famille venue du Kosovo. Alors certes la forme n’est pas la même, on est passé d’une logique d’action continue à une logique de concertation continu, on est passé d’une politique qui voulait se montrer forte pour instaurer la confiance à une politique qui se veut consensuelle pour instaurer la même confiance.

Politique similaire, cheminement différents, critiques différentes.
Les internautes ne sont-ils sensibles qu’au cheminement pour bâtir leur point de vue ? Ce serait inquiétant, mais je ne pense pas que ce soit le cas.

Si durant le quinquennat de N. Sarkozy il était de très mauvais genre de s’affirmer de droite, ou encore pire « Sarkozystes », c’est aujourd’hui, sous la présidence de F. Hollande, l’inverse : les « Sarkozystes » s’exhibent alors que les « Hollandistes » se terrent.

On pointe dès lors l’effet de masse : en tant que français, c’est différents dans d’autres pays, on est toujours plus prompt à faire savoir son profond désaccord plutôt que de plébisciter telle ou telle mesure. Après quelques interventions vindicatives, les défenseurs de l’idée sont bien moins enclins à exposer leurs arguments. On pointe du doigt les limites de la liberté d’expression et du débat démocratique : les mécontents prennent souvent le dessus.

L’expression sur internet est rarement libre, c’est même souvent l’opposé. Pour preuve : la majorité des interventions se font sous pseudonyme, comme lorsque certains écrivains défiaient le Roi. Non, l’expression sous pseudonyme n’est pas la liberté d’expression. Non, internet n’est pas l’aboutissement d’un combat.

Français, Françaises, osons approuver une idée, une action, même lorsque qu’elle ne prend pas racine du « bon » coté de l’échiquier politique, car il n’y a pas de bon côté.
Y a-t-il seulement des cotés ?
Si les limites sont faites pour être repoussées, les clivages sont faits pour être franchis.

Enfin, le plébiscite n’est pas un aveu de faiblesse, c’est souvent un aveu de bon sens alors que la critique est souvent une preuve d’aveuglement.

N’ayons honte ni d’être de gauche ni d’être de droite et n’oublions jamais que la vérité ne se trouve pas dans le clivage. Elle est dans l’union, le partage, dans le bien commun et l’intérêt national, dans la défense de l’homme et de la liberté.



«Peu importe qu’un chat soit blanc ou noir, s’il attrape les souris, c’est un bon chat.»
Deng Xiaoping, en 1962, Secrétaire général du Parti Communiste Chinois