Citation du moment

« On ne conduit le peuple qu'en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d'espérance.»
Napoléon Bonaparte

samedi 14 juin 2014

Lettre aux députés - Réforme Territoriale

Madame, Monsieur le Député,

Vous allez prochainement débattre à l'Assemblée Nationale du projet de réforme des collectivités territoriales, et particulièrement de la réduction du nombre de régions. Je souhaiterais attirer votre attention sur le grand intérêt que je porte à la réforme d'un système vieilli et à la simplification de nos trop complexes administrations.

Ce projet, soutenu par la majorité au pouvoir, est déjà ancien. En effet, Monsieur Balladur, qui présida en 2009 à la demande de N. Sarkozy alors Président de la République, le Comité pour la Réforme des Collectivités Locales, avait fait des propositions allant dans ce sens. Entre le 31 mars et le 8 avril 2014, le Président de la République et le Premier Ministre ont affirmé leur volonté de transformer et de moderniser, le fonctionnement de notre pays. Il doit donc avoir une forme de consensus entre la majorité actuelle et l'opposition dans le contenu de la réforme territoriale.

Cette réforme doit apporter aux régions un poids économique leur permettant de réellement influer à la fois sur l'implantation d’entreprises et la création emploi. Associée à une clarification des compétences de chaque collectivité, cette évolution doit aussi permettre une réduction des dépenses, qui, je le rappelle, sont démesurées pour l'essentiel des territoires (>230G€ au total). Enfin cette révision de la carte de France doit aussi permettre de nouvelles synergies dans des territoires aujourd'hui isolés.

Plus pragmatiquement deux propositions ont été présentées dernièrement. Évidement les solutions sont nombreuses, certaines doivent assurément encore être étudiées mais j'attire votre attention sur l'impact qu'aura cette réforme sur la France et les français durant les décennies futures. La France a besoin d'une reforme bien faite et non d'une maigre révision qui n'apporterait aucun des bénéfices attendus. Or la proposition de François Hollande pêche d'un excès de prudence : seules quelques fusions sont suggérées, la Bretagne reste amputée d'une partie de son territoire historique et bassin économique, Bordeaux se retrouve isolé dans une Aquitaine anémique, la fusion du Centre, Poitou-Charentes et Limousin donne un géant géographique qui balancera continuellement entre l'Ile de France et le Bordelais, enfin le Nord Pas de Calais, carrefour européen, reste un nain géographique et démographique. C'est pourquoi je vous sollicite : la future réforme des collectivités territoriales doit être ambitieuse, passer outre les luttes partisanes et intérêts personnels. La carte idéale se rapproche certainement de celle proposée par M. Valls en avril 2014.

Enfin je souhaite insister sur la nécessité de clarifier les compétences de chaque niveau des collectivités territoriales, en effet l'accumulation de micro-compétences limite fortement l'impact des actions publiques sur la vie des français.

En 2009 M. Balladur a intitulé son rapport "Il est temps de décider", cinq ans après il est impératif d'agir. Madame, Monsieur le Député, il vous appartient, ainsi qu'à vos collègues, de nous apporter une réforme qui tournera la France et ses régions vers le XXIème siècle.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur le Député, l'expression de mes salutations distinguées.

mardi 10 juin 2014

Voulons-nous un monde ultra-libéral et lyophilisé ?

Oui au TTIP, non au TAFTA !

TTIP, TAFTA : qu’est-ce ?
Transatlantic Trade and Investment Partnership ou Transatlantic Free Trade Area : un projet, envisagé pour 2015, de création d’une zone de libre-échange économique entre l’Union Européenne et les Etats Unis.

Les origines de ce projet sont lointaines et résultent d’un constat simple : l’Europe et les Etats Unis sont intimement liés historiquement et partagent les mêmes valeurs, bref nous appartenons à la même civilisation dite occidentale, de plus ils ont des économies interdépendantes et représentent environ 50% du PIB mondial. Encourager les échanges entre ces deux grands blocs favorisera la croissance économique, c’est un fait. Dès lors il faut limiter les droits de douanes et soutenir les convergences administratives et fiscales pour simplifier ces échanges économiques.

La création d’un partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement serait donc une bonne chose, il imbriquerait encore plus nos économies mais il permettrait une augmentation des échanges entre nos deux continents, faciliterait la gestion des exportations et des importations par les entreprises. Ce partenariat devrait par exemple viser la réduction des droits de douanes et les alléger les contraintes administratives pour les échanges intercontinentaux, voir faciliter la certification aux normes américaines de produits européens et vis versa. Ce partenariat devrait être négocié d’égal à égal, sont avoir pour vocation de changer le partenaire. Ce serait un beau traité, un beau partenariat.

Mais cela n’en prend pas le chemin. Plutôt qu’une collaboration entre géants économiques ce projet tend vers une zone de libre-échange transatlantique dans laquelle les lois et normes européennes (et nationales) vont être dissoutes au bénéfice d’une logique anglo-saxonne, ultra libérale, et bien loin de nos traditions.

Les Etats-Unis poussent à une utilisation massive et sans traçabilité des OGM : voulons-nous que notre agriculture dépende uniquement de grandes sociétés américaines ? Que nos assiettes se remplissent d’organismes sur lesquels nous n’avons ni recule ni connaissances ?
Le projet actuel c’est aussi une épée de Damoclès au-dessus des AOC, des fromages au lait cru, des viandes sans hormone…
M. Bové, tout provocateur que vous êtes, votre lutte a du sens, continuez d’alerter l'opinion public sur les dérives de nos sociétés post-modernes.

Au quotidien nos collectivités territoriales se battent pour préserver des emplois sur leurs terres. Avec ce TAFTA  les appels d’offres devrons être ouverts à cette grande zone de libre-échange. Nos mairies, nos intercommunalités, nos régions devrons soit sacrifier des PME locales au profit de grands groupes (Américains comme Européens) soit s’exposer à des sanctions. Et avec le recul du droit latin face au droit anglo-saxon de mise dans ce traité, la jurisprudence fera loi et nos entreprises et collectivités s’enliserons dans un carcan juridique.

Enfin, ajoutons que si ces discussions se déroulaient réellement d’égal à égal il y aurait une remise en cause des mesures fortement protectionnistes en vigueur aux Etats Unis depuis 80 ans. Du BuyAmerican Act, favorisant les entreprises américaines pour les appels d’offres publics, au Small Busness Act favorisant leurs PME, les Etats Unis n’ont pas de volonté de libéraliser leur économie vis-à-vis de l’étranger. Dès lors l’Europe ne doit pas entrer dans un espace commun sans agir de la même manière : protéger ses propres intérêts avant de partager ses richesses.


Qu’il soit appelé TTIP ou TAFTA, ce traité n’est pas souhaitable, si l’idée originelle est favorable à tous, et encore plus en période de crise où le repli sur soi-même est une tendance forte et dangereuse, son développement ne l’est pas sauf à vouloir un monde ultra-libéral et lyophilisé.

Espérons nos dirigeants assez clairvoyants pour voir cette dérive et faire opposition à ce traité. Et n’hésitons pas à leur faire savoir notre opposition, l'opposition d'une majorité de Français.


vendredi 6 juin 2014

L'aube de la liberté

Cimetière américain de Colleville-sur-Mer, Normandie, France

Il y a 70 ans sur les plages Normandes la marée a apporté avec elle un courant de liberté pour l'Europe. Venus des grandes plaines américaines, de la Californie ensoleillée, des forêts du Montana, des vallons du Yorkshire, des Highlands, du Canada, de France et d'ailleurs, des hommes se sont jetés sur les plages d'Europe pour défendre un idée, des valeurs. Il est certes fort probable que le jour J, quelques heures, quelques minutes, avant de poser le pied sur le continent, ces jeunes gens étaient plus portés par un réflexe commun, par la confiance et le sens du devoir vis à vis des autres soldats avec qui ils ont partagé ces instants tragiques que par la défense, idéologique, de la liberté. Mais 70 ans après, honorons les. Ils étaient prêts, à l'heure du choix, à donner leur vie pour défendre les valeurs qui leurs étaient précieuses. N'oublions pas tous les autres, hommes et femmes, tombés au champ d'honneur, avant hier, hier et aujourd'hui. Pensons aussi à ceux d'en face, ils ne défendaient pas la liberté mais ont été plongés du haut de leur jeunesse dans une guerre idéologique.

Je reprendrais ici les mots de Sebastien Botheron : Personne n'a pris leur vie. Au contraire, ils l'ont donnée, en homme libre.

Militaires français, aujourd'hui en RCA, au Mali, au Sahel, et ailleurs, défendant l'Homme et la liberté, cette commémoration est aussi la votre.

mardi 27 mai 2014

Analyse post-élections européennes

Au lendemain des élections européennes il est temps de revenir sur les propositions des nombreuses listes présentent et sur les résultats, attendus, du scrutin.

Un mot sur la campagne : enclavée entre les élections municipales françaises, les jours fériés de mai, et l’annonce des beaux jours, cette courte campagne (3 semaines) laisse peu de temps aux débats. L’envoi des tracts aux électeurs se fait dans les derniers jours (le vendredi pour moi), certainement souvent trop tard pour être pris en considération par les électeurs. Électeur dans la circonscription Sud-Est 12 listes étaient présentes dans mon enveloppe. On peut facilement les diviser en deux groupes de 6 : ceux qui étaient sur d’avoir des élus, et les autres. Dans le premier groupe on trouve le Front National (FN), l’UMP, le Parti Socialiste (PS), les centristes européens (UDI-MoDem), les écologistes (EELV), et le Front de Gauche (FdG). Les autres listes, aspirant pour certaines à avoir un élu, étant les souverainistes de Debout la République (DLR), trois mouvement citoyens l’un mené par D.Payre (Nous Citoyens), plutôt libéral et européistes, le second étant Nouvelle Donne plus social, et enfin une liste écologiste rejetant l’alliance PS-EELV, s’ajoute une liste ouvertement communiste : Lutte Ouvrière, et des Régionalistes (Région et Peuples Solidaires).

Cette diversité était accrue par des listes non représentées ni dans ces enveloppes ni par des affiches. Si le choix est un élément critique en démocratie, le déferlement de 20 listes ou plus est pour moi contre-productif : le débat ne peut pas avoir lieu dans de bonnes conditions. Les douze listes énumérées ci-dessus constituent pour moi un maximum raisonnable.

En étudiant plus précisément ces listes on trouve deux listes fondamentalement europhobes : le FN et DRL. Notons que leurs idéologies n’ont rien en commun et qu’ils ne sont pas contre l’Europe, l’Europe des nations qui travaillent ensembles, mais contre l’Union Européenne, une liste eurosceptique : le Front de Gauche remette en cause le fonctionnement de l’Union sans vouloir la jeter à terre, les autres sont, à des degrés divers, plutôt européistes. 

Voici la bonne nouvelle réclamée par un commentaire de De Gauche :
L’Union Européenne n’est pas morte ! Une majorité des listes mais aussi des sièges sont toujours aux mains des pro-Union.


Que dire des listes PS et UMP : l’un a réuni tous les pouvoirs durant une décennie, et c’est, depuis 2 ans, le tour du second. Certes avec de bonnes actions (au crédit de l'un et l'autre) mais trop peu, et surtout une défiance, en grande partie mérité, de la part des français vis-à-vis de ces ex-partis de pouvoir. Que trouve-t-on dans leurs tracts ? Rien d’autres que des promesses déjà formulées maintes fois. Pourquoi croire qu’elles seront tenues cette fois ? J’ai cherché une vision de l’Europe dans ces deux professions de foi, en vain.

Le FN, utilise toujours les peurs pour attirer l’électorat à lui, surtout la plus vieille peur des peuples : celle de disparaître, annihiler par l’étranger, le barbare, l’autre. Mais il utilise aussi le rejet à la fois de l’UMP et du PS qui se sont partagé le pouvoir ces dernières décennies, mais aussi d’une Union Européenne opaque pour le peuple, préférant parler de Bruxelles plutôt que de l’Europe, de l’UMPS plutôt que de l’Europe. Dans leur démarche actuelle de dé-diabolisation pas, ou peu, de trace de racisme sur ce tract, opération séduction réussit, élection gagnée…

Le Front de Gauche, fidèle à sa ligne de 2012 veut représenter la nouvelle gauche française, loin de la sociale démocratie prôné par l’Elysée. Les déçus du PS sont clairement visé, le succès est limité, probablement par une faible mobilisation (57% d’abstention), un certain pragmatisme des électeurs de gauche : le socialisme oui, mais pas sans libéralisme (sur ce sujets les communistes du FdG font office d’épouvantail), enfin par le pouvoir d’attraction historique du PS.

Avec Debout la République et son slogan européen « ni système, ni extrême », N.Dupont-Aignan représente une alternative crédible pour les eurosceptique et europhobe qui ne se retrouve pas dans l’extrême droite. Le projet présenté est clair, on peut s’interroger sur ses faibles scores aux élections étant donné la monté de l’euroscepticisme et la désunion de l’UMP. La formule Gaullisme social (donc économiquement au centre gauche) avec un souverainisme convaincu ne semble pas convaincre. Il serait pourtant plus facile de construire un avenir avec DLR qu’avec le Front National.

Passons aux européistes convaincus, assez éloignés l’un de l’autre sur l’échiquier politique français, EELV et l’union des centristes UDI-MoDem, se rapprochent sur les questions européennes : une démocratisation des instances européennes, un pas de plus vers un fédéralisme européen, qui fait peur mais qui permettrait de ne pas subir la mondialisation. Economiquement on retrouve de grandes lignes sur les deux tracts : nouvelles technologies, nouvelles infrastructures… EELV va plus loin sur la voie écologiste, UDI-MoDem insiste plus sur les solutions économiques à apporter pour relancer notre pays et l’Europe.

Bien évidement sur d’autres sujets ces deux partis sont opposés. Pour finir j’attirerai l’attention sur l’opposition farouche au nucléaire d’EELV : certes le nucléaire est une énergie dangereuse, mais n’est telle pas la solution à court terme pour lutter contre le changement climatique ? Nous y reviendrons bientôt.

Enfin, les listes citoyennes veulent apporter un regard nouveau sur la politique, du sang neuf dirait-on. Les idées sont intéressantes, espérons les voir peser dans le débat : y compris hors période électorale.


Et où va-t-on maintenant ?

Les europhobes et extrémistes feront du bruit à Strasbourg mais ils n’auront pas assez de poids pour bloquer l’Europe. Sans majorité à Gauche ni à Droite, une grande coalition devra se former. Un scénario idéal pour appliquer, en Europe déjà, la proposition faite il y a quelques semaines : un rassemblement d’une partie de la gauche historique, soutenant la politique de F.Hollande, du centre et d’une partie de la droite, libéraux modéré et européistes.


Unie dans la diversité

vendredi 9 mai 2014

De la puissance


La puissance mécanique est facilement quantifiable, comparer la poussée de deux moteurs ou de deux packs d’avants au rugby est aisé, mais comparer la puissance de deux pays l’est beaucoup moins. La définition physique peut être valide : l’énergie déployable durant un temps donné (Joules/secondes = Watts), mais comment définir l’énergie d’un pays, d’une nation, d’un peuple ?

La puissance d’un pays n’a pas de définition exacte, immuable. On utilisera les anglicismes hard et soft power pour différencier la puissance matérielle (économique, militaire, territoriale,…) de l’immatérielle (rayonnement culturel, scientifique,…). Mais il y a un nivellement de certains paramètres avec le temps : l’économie, les armées, les sciences, ce processus égalitaire est accéléré par la mondialisation et la rapidité des échanges. D’autres sont immuables, comme la superficie, ou changent doucement : les ressources naturelles, la population…

On peut essayer de quantifier la puissance par la moyenne de différents paramètres, leur multiplication ou d’autres calculs plus complexes. Sur wikipedia on trouve un tableau récapitulant les parts de la population mondiale, du PIB mondial, du financement de l'organisation des Nations unies (forme de soft power), des dépenses militaires mondiales et de la superficie mondiale pour 12 pays, dont les grandes puissances d’aujourd’hui. La moyenne de ces parts donne un classement plausible des pays, les Etats Unis seraient 35% plus puissant que la Chine, et respectivement 73,  85 et 89% plus que la Russie, la France et l’Italie. Le produit de ces mêmes paramètres donne un autre classement, lui aussi plausible, à la différence que les écarts sont bien plus grands : les Etats-Unis restent en tête avec une avance de 75% sur la Chine, les autres accusent un déficit de puissance de plus de 99.8% face aux Etats-Unis. Ce résultat s’explique par le poids de la puissance économique qui régit bien évidement le pouvoir économique d’un pays, mais aussi ses dépenses militaires, et son apport financier à l’ONU (comme toutes autres dépenses de rayonnement). La population et la superficie sont décorrélées, ayant déjà abordé les aspects économiques ici et , intéressons-nous à ces deux derniers aspects.
 


Population et superficie des 32 premiers pays en terme de population (sources : CIA World Factbook & fr.wikipedia.org)


Étudions les données de la figure ci-dessus, premièrement j'ai fait le choix de représenter les 32 premiers pays en terme de population, il manque donc quelques géants territoriaux.
Sur ce graphique, on remarque facilement les deux géants asiatiques avec des populations aussi gigantesques que comparables, de même, quatre pays ont des superficies qui les différencies des autres, la Russie est elle-même à part dans ce groupe et la Chine a à la fois une population et une surface remarquable. Ces 5 pays sont sans aucun doutes de grandes puissances, d’aujourd’hui ou de demain lorsque leurs économies auront terminé leurs transitions. Ensuite les écarts sont moindres, mais certains pays ont clairement un avantage soit territorial soit démographique. Les douze premières populations, de la Chine aux Phillipines peuvent sans conteste compter sur le nombre pour assoir leur puissance : soit par une production aisée et tournée vers l'exportation, soit par un marché intérieur dynamique. Il y a certes des inconvénients : poids des dépenses d'infrastructures pour certains, vieillissement de la population pour d'autres (Japon), surpopulation et pollution (Bangladesh, Chine dans certaines zones,...). Coté territorial il y a six géants, quatre présents sur la figure ci dessus et deux autres : le Canada (taille comparable à la Chine) et l'Australie (un peu plus petite que le Brésil). Il y a ensuite une quinzaine de pays, de l'Inde à la Mongolie, dont la superficie est supérieure à 1,5 millions de kilomètres carrés (à noter que le Danemark en fait parti grâce au Groenland). Ces grands territoires ouvrent généralement des opportunités d’exploitation de ressources naturelles, puis suivant les cas : un moindre impact de la densité de population (contrairement à un pays comme le Bangladesh), l'auto-suffisance alimentaire et énergétique, la création de grandes structures (comme les parcs solaire dans les déserts)...

Mais d'autres pays n'ont pas ces atouts, prenons l'exemple italien : petite superficie, densité de population importante, mais l'un et l'autre font de l'Italie un poids plume à l’échelle mondiale. Pourtant ce pays est hérité de l'Empire Romain, il est le berceau de la famille Medicis, de Ferrari, Fiat et des grands Michel-Ange, Léonard de Vinci...
Grandeur passée, effacé par la mondialisation d'une part mais surtout par un ré-ajustement technique entre l'Europe et le reste du monde. Les pays d'Europe ont dominé durant de nombreux siècles, mais aujourd'hui il ne représentent plus qu'un vieux continent, essoufflé par sa course en tête.

Notre salut ?
L'Union Européenne : 505 millions d'habitants, 4,5 millions de kilomètres carrés. La 3ème population mondiale, et la 7ème superficie, sans oublier que l'Union représente le premier PIB mondiale et grâce à son niveau de développement : marché intérieur gigantesque, des infrastructures de qualités... C'est bel est bien une grande puissance du XXIème siècle à laquelle nous appartenons, sous réserve de travailler ensemble sans soumissions à un quelconque maître (Kremelin, Whashington, Pekin, finance,ou autre), sans chercher le fédéralisme à tout prix, en conservant nos identités nationales. En restant ensemble nous pouvons être acteurs du XXIème siècle.

D'autres facteurs entre en jeu, comme le rayonnement culturel et le domaine maritime (ZEE). Dans ces deux cas la France à des atouts : seconde ZEE mondiale, la francophonie et un patrimoine culturel réputé, il faut chercher à les valoriser. J'espère y revenir bientôt.

lundi 28 avril 2014

Partis de Pouvoir

UDR et PCF puis PS et RPR-UMP ont été les partis de pouvoir de la Vème République, contrôlant tour à tour l’Elysée, l’assemblée nationale, les collectivités territoriales… De 2007 à 2012, unis autour de N.Sarkozy les sympathisants, militants, responsables et élus de l’UMP ont porté au pouvoir leur chef et son parti, son parti au sens propre car il en était le président. Rassemblés avec un programme résolument socialiste les français menèrent F.Hollande à la présidence de la République en 2012. Mais malgré ce programme de gauche, F.Hollande représentait une voie modérée dans son parti, bien loin du très radical J.L.Melenchon.

Que c’est-t-il passé depuis cette élection présidentielle ?

L’UMP s’est déchirée dans une sombre histoire de succession. Notons que la droite française est habituée à ces séparations douloureuses. De son côté le Parti Socialiste est écartelé entre la ligne gouvernementale, social-démocrate, son nom : socialiste et son histoire : le socialisme. L’approche des élections a révélé ces fissures dans l’échiquier politique, le résultat des municipales les a amplifiées, la campagne européenne va les exacerber.

Le socialisme préconise une politique de relance par la consommation nonobstant les dépenses excessives de l’Etat qui nous rapprochent chaque jour de la banqueroute. Les libéraux convaincus refusent l’Etat providence et souhaitent limiter les dépenses en les recentrant sur les missions régaliennes, c’est fermer les yeux sur toute une frange de la population qui souffre des inégalités. Les souverainistes, présents à gauche, au centre et à droite, voient l’Europe comme la source de tous les maux de notre pays, et cela en restant aveugle devant les bienfaits de cette Europe. Refuser l’Europe en période de croissance serait simplement une erreur, aujourd’hui, en période de récession, ce serait ouvrir une boite de pandore. Reprochons à l'Europe son fonctionnement peu démocratique et mobilisons l'opinion pour les futurs élections. Mais arrêtons de faire à l'Europe un procès à charges.

Si l’UMP en 2007 puis le PS en 2012 ont pu obtenir une majorité parlementaire, qu’en serait-il en cas d’élection en mai 2014 ? Osons l’uchronie.

Le PS se diviserait entre une ligne très sociale qui se rapprocherait sans peine de J.L.Melenchon et une ligne Sociale-Démocrate soutenant le Président de la République. L’UMP se diviserait entre les européistes et les souverainistes, qui eux même pourraient se rapprocher de DRL pour une part et du FN pour une autre. Ajoutons à cela un centre plus ou moins uni, le FN représentant plus d’un sixième de l’électorat, une extrême gauche en déclin par rapport aux PCF des années 50 mais toujours présente, et pourquoi pas un courant écologiste plus fort qu’en 2012.

Résultat ?

8 tendances représentant moins de 15% de l’électorat, électorat qui voterait, à juste titre, sur des problématiques propre à sa région, sa communauté, son origine sociale, son métier… Plus aucun parti de pouvoir n’existe aujourd’hui. Personne ne s’impose, personne ne propose un projet pour la France et pour l’Europe.

Quel rassemblement pourrait se substituer à ce mixte électoral contre-productif ?

Un rassemblement de tous les hommes et les femmes qui veulent croire en la grandeur de la France, en l’Europe, en l’Humanisme, en une politique sociale raisonnée, à des dépenses rationalisées, à une économie libérale, qui permet à tous de créer, d’innover, mais une économie encadrer pour assurer une protection sociale tous les salariés.

En terme de partis politiques ce rassemblement est possible, certainement pas par une utopique union sacrée réunissant droite et gauche mais en formant une grande coalition allant du courant social-démocrate présent à la fois au sein du PS et au sommet de l’Etat, jusqu’à la frange de l’UMP qui redoute la monté des phobies (Europe, immigration, euro, dépenses sociales,…) dans leur propre parti, en passant par les radicaux de gauche et de droite, les centres (MoDem, UDI, RS,…). Les aspirations sont les mêmes : une Europe juste et démocratique dans laquelle la France a sa place, une justice sociale lointaine héritière du CNR (Conseil National de la Résistance), une économie renouvelée et basée sur l’excellence et l’innovation d’un fort réseau de PME.

Trois forces peuvent appuyer ce rassemblement. Le Président de la République, impopulaire car banni par la gauche et rejeté par la droite, peut appeler à ce rassemblement au parlement en premier lieu. Le vote du pacte de responsabilité demain sera un test, mais il aurait pu être significatif si ce message d’union avait était porté plus clairement. Les élus peuvent prendre leur responsabilité et abandonner le stupide clivage majorité – opposition en soutenant ouvertement telle ou telle politique. Et non à demi-mot comme certains le font : assez intelligents pour reconnaître l’intérêt de la France mais trop lâches pour s’opposer à leur groupe parlementaire. Le dernier levier est celui du peuple : par le vote, en interpellant les élus et en diffusant ces idées, certaines idées.

La France ne veut abandonner ni sa politique sociale, dont en premier lieu la Sécurité Sociale, ni ses retraites par répartitions, symboles de la fraternité nationale, ni sa politique libérale institué par la Révolution et emblématique de la liberté, ni son état central incarnant l’égalité entre tous. La France ne veut pas non plus abandonner son influence internationale garantissant le développement continue à l’échelle mondiale de l’idée même de démocratie. Parce que la France et les français ne veulent rien abandonner de tout cela une politique raisonnable mais déterminée et soutenue par toutes les forces de la nation doit être mise en place.

En réglant des problèmes bassement financiers d’une part et concernant la politique des partis d’autre part, la France doit redevenir l’allégorie de l’humanisme et continuer d’offrir à chacun, fils d’ouvrier, de cadre, d’immigré, hommes et femmes, l’opportunité de choisir son avenir.

mercredi 9 avril 2014

Confiance ?

Hier, le 8 avril 2014, une semaine après avoir été nommé, Monsieur le Premier Ministre Manuel Valls a prononcé son discours de politique générale et demandé la confiance du parlement, qui lui a été accordée. Depuis sa prise de fonction il essuie des critiques de toutes parts : capitaliste pour l’extrême gauche, libéral et européiste pour les souverainistes, pro nucléaire et autoritaire pour les écologistes, dangereux socialiste pour l'UMP, ...

Son discours a déjà été critiqué comme : restant dans la ligne du précédent gouvernement de J.M. Ayrault, reconstruisant ce qui avait été mis en place par N.Sarkozy et supprimé par  J.M. Ayrault, étant une copie de l’intervention de F.Hollande il y a 10 jours, ...

Cette levée de boucliers unanime dans l'assemblé nationale peut être vu comme la preuve d'un certain équilibre dans la politique qu'il propose : redresser la France sans léser ni les entreprises ni les ménages modestes. Certes ses propositions ne sont pas nouvelles, ce sont uniquement les solutions connues depuis de longues années et jamais appliquées.

On trouve, entre autres, les mesures suivantes :
  • Réformer les collectivités territoriales : fusions de régions, suppression des doublons (dont clause de compétence générale)...
  • Réformer l'Etat : supprimer les taxes qui coûtent plus cher qu'elles ne rapportent ainsi que les services inutiles...
  • Réformer la sécurité sociale : restructurations des hôpitaux, baisser les prix des médicaments...
Ces mesures sont indispensables. Bien d'autres le sont évidement, mais il faut dépasser les clivages et admettre que cette politique est bonne. Ce sont des réformes qui auraient du être faites depuis de longues années, que ce soit par la droite ou la gauche.

Un grand regret pourtant à l'heure du bilan sur ce discours : l'échéancier. Si les mesures sont bonnes, la répartition temporelle de ces réformes ne l'est pas. F.Hollande avait identifié un élément important : "Pas assez de changements et donc trop de lenteur.", cela n'est malheureusement pas traduit dans les actes, en effet M.Valls propose un échéancier allant de 2015 à 2021. Trop de temps a déjà été perdu depuis plusieurs décennies, il faut agir maintenant, commencer l'application des réformes en septembre prochain, et viser des effets dans les 18 ou 24 mois.

Dans le même temps il faut revoir notre politique d'aide à l'emploi complètement dépassé par la situation, l'inefficace financement aux entreprises, lancer un urbanisme nouveau pour faire disparaître les ghettos, et bien d'autres choses...

Demander des efforts aux français certes, mais en leur proposant un avenir, un avenir pour eux et pour la France.


Pour finir je retiendrai le geste de M.Valls après son discours, cette main tendue à l'opposition pour construire un projet commun, passer outre le stupide clivage gauche-droite. 

[...] chacun à prendre sa part de responsabilité [...] Et si on travaillait autrement (...), pour sortir de nos ornières, de nos caricatures
M.Valls, le 8 avril 2014, devant l'Assemblé nationale.

Je retiendrait aussi les réactions de certains députés de l'UMP qui ont ouvertement refusé cette main tendue, alors qu'ils sont sans aucun doute responsables de la situation car ils sont proches du pouvoir depuis bien longtemps. De plus la politique que propose M.Valls est compatible avec leur propre ligne politique. Sans vouloir une hypothétique union sacrée, il faut aller plus loin que de simples déclaration telles que "nous voterons pour les mesures bénéfiques au pays" dont seuls quelques crédules peuvent se contenter.