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« On ne conduit le peuple qu'en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d'espérance.»
Napoléon Bonaparte

vendredi 8 mai 2015

Un autre regard sur l’outil de défense – billet invité

Loin de la pensée unique, militant pour une démocratie réelle s’appuyant sur des méthodes participatives et où les débats sont apaisés, le blog Certaines Idées s’ouvre à d’autres auteurs. Parce que le pire ennemi de la démocratie n’est pas l’obscurantisme d’une poignée d’individus en quête d’une quelconque reconnaissance, ni le dictateur qui est tapis dans l’ombre. Le pire ennemi de la démocratie c’est un ennemi intérieur, c’est le citoyen passif, c’est la majorité silencieuse. S’exprimer, et ne pas laisser quelques extrémistes ou ambitieux en quête de pouvoir le faire à notre place, est un devoir. Voilà les raisons de l’ouverture de Certaines Idées à d’autres auteurs. Ces billets invités sont amenés à se renouveler, lecteurs, lectrices, n’hésitez pas à proposer des articles.

L’auteur d’aujourd’hui nous présente sa vision de l’outil de défense français : il s’intéresse à l’organisation de nos forces armées, et travaille à une contre-proposition au livre blanc sur la défense sur son site internet : http://breizheagle.jimbo.com. Basé sur l’ambition mondiale de la France, son projet pointe du doigt les incohérences actuelles de nos armées. Il faudrait engager en parallèle un débat de fond sur ses ambitions, sur l’ingérence, et sur la protection de notre immense territoire maritime (la zone économique exclusive – ZEE). Il est nécessaire de fixer les ambitions de la France, avec et sans l’Europe, pour les 50 prochaines années, sans oublier la probabilité d’occurrence de surprises stratégiques, symptomatiques des relations internationales. Après ce long préambule, je lui laisse la parole.

Certaines Idées

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S'il y a bien un ministère régalien qui fait l'actualité et qui est mal considéré, c'est le Ministère de la Défense. Malgré tout le travail que ses personnels militaires et civils abattent, on ne peut pas dire que l'opinion publique les soutiennent franchement. Et que dire des politiciens ! En tout cas, sur mon site, je donne mon point de vue personnel sur la question. Et c'est une réflexion qui date de plusieurs années. En effet, je me refuse à gérer en comptable purement administratif la défense. Déjà, un budget de la défense qui n’atteint pas les 2% du PIB avec les pensions (environ 0,4% du PIB) est une honte pour un pays comme la France qui veut jouer un rôle majeure en Europe et dans le monde. Maintenant, faisons un petit retour en arrière pour voir l'historique de la réflexion que je publie sur ce site.  
Au milieu des années 2000, ma passion de la question militaire est devenue quelque chose de moins en moins farfelu. Poussé par des camarades de forum qui trouvaient que j’avais de bonnes idées, je me suis décidé à commencer un projet de contre-proposition de livre blanc de la défense. Suite au livre blanc de 2008 qui annonçait 54.000 suppressions de postes au ministère de la défense, ce projet est devenu réel et ma réflexion a commencé vers un format pour 2025. Sept ans plus tard, mon projet est toujours en cours même si le format est décalé à 2030. Et les réductions d’effectifs ont continué avec 24.000 suppressions supplémentaires (soit 78.000 au total) initialement annoncé pour la Loi de Programmation militaire en cours.  
Étant breton, il était plutôt logique que mon programme débute par l’étude des forces navales. Et il faut bien le dire, l’essentiel de la flotte est plutôt âgée et les programmes de remplacement sont tellement étalés dans le temps que cela coûte au final beaucoup plus cher qu’initialement prévu. L’exemple même est le programme FREMM qui ne devait coûter que 7 milliards pour 17 bâtiments et dont le budget actuel est de 8,5 milliards pour 11 unités. Soit ramené au nombre d’unité, quasiment le double ! 
Grand passionné d’aviation de chasse, je n’oubliais pas de traiter les forces aériennes. D’ailleurs, cela n’inclus pas que les chasseurs mais aussi des avions de transport, des avions spéciaux, des hélicoptères qui ne font pas tous parties, loin de là, de l’armée de l’air. Pour des questions de cohérence, je traites tout le monde en même temps. 
Pour finir, il faut bien s’occuper des forces terrestres. De loin les plus nombreuses, c’est aussi les forces pour lesquelles le renseignement nécessaire est le plus dur à trouver. Sans compter que la modernisation est loin d’être aussi importante que dans les autres armées. Et le nombre de sujet très important. Le travail est donc moins élaboré pour le moment. 
Actuellement, mon travail est exclusivement militaire. C'est donc pour cela que les gendarmes, qui utilisent surtout du matériel civil, ne sont pas inclus dans le projet. Maintenant, si les renseignements arrivaient suffisamment, je n'exclue pas d'ouvrir un 4e chapitre qui serait plus orienté "Sécurité Nationale" et consacré à l'ensemble du service public avec la gendarmerie nationale, les polices nationales et municipales mais aussi douanes et pompiers.  
Pour ce futur chapitre comme pour les 3 déjà ouverts, je vous invite à venir poursuivre le débat et à échanger directement sur mon site. Et encore merci au blog Certaines Idées de m’avoir donné la parole sur un sujet qui me tiens à cœur.

4 commentaires:

  1. Bonjour,
    Tout d'abord merci à Gaël pour cette initiative. C'est sûr que pour bousculer les idées, rien de mieux que de faire parler un "breizhiste" averti (Désolé mais je n’ai que ça comme référence sur l’auteur, aucune identité, ni ici, ni sur son blog ou peut-être ai-je mal cherché ?) Bienvenu cependant à notre soldat inconnu, mais qu’il ne m’en veuille pas si j’ai la provoc facile… S'il faut ici partager les idées, je ne peux pas ne pas réagir.
    Défense nationale, oui, indispensable, mais vouloir la promouvoir sans l’Europe est une erreur. Y consacrer plus de PIB n’est pas NATIONALEMENT souhaitable non plus. On est parmi les mieux placé en Europe, l’Allemagne n’est qu’à 1,4 % alors que les Etats-Unis sont à moins de 4%. Par contre l’Arabie Saoudite est à 9%, les Emirats Arabes sont à plus de 5 % et on a aucune info sur le Qatar ( ??) (J’ai pas trouvé ni cherché trop longtemps pour l’Angleterre, mais si quelqu’un à l’info (?)...). On ne peut pas promouvoir la défense nationale sans aucune concertation européenne, ni gestion collatérale des moyens stratégiques à mettre en œuvre.
    Je ne suis absolument pas spécialiste sur la question mais tout-de-même, je ne vois pas où est le projet pour la France dans ce qui est dit ici, ou plutôt ai-je peur que si projet il y a, il ne soit qu'exaltation du sentiment national avant toute autre idée d'appartenance au monde (pan pan, boom boom et tatatatata... sus à l'ennemi !).
    … la suite au post suivant puisque le nombre de caractères est limité :(

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    1. Bonsoir l'ami,

      je viens de voir ton message. je préfères rester en partie anonyme pour le moment. si tu souhaites des informations personnelles, il faudra me contacter via le site. Sache cependant que j'ai 31 ans et que j’habite Ploemeur (56 - Morbihan).

      pour moi, la défense européenne ne peut réellement avoir lieu que si on accepte de mettre un budget correct dans la défense. et effectivement, on est plutôt pas trop mal placé. ce qui est loin d'être le cas de tous les pays.

      et ce sera très long pour envisager de totalement mutualiser les cahiers des charges. tant que l'on aura pas le même matériel, il sera illusoire de vouloir parler de défense européenne.

      si je suis un pro-militaire, je suis pour autant un pacifiste dans l'âme. comme le dis si bien une locution latine, Si vis pacem, para bellum (« Qui veut la paix prépare la guerre » en français). et on est loin de là.

      sans compter que les forces navales servent aussi à faire la police dans notre zone économique exclusive qui est la 2e du monde. et qui pourrait nous rendre riche à l'avenir si on met les moyens pour éviter d'être pillé. et ce dernier point, c'est même l'Amiral Rogel, le Chef d’État-Major de la Marine, qui me l'a expliqué lors d'une conférence à Lorient (56 - Morbihan).

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. …(la suite)… S’il faut défendre la défense, pourquoi dénoncer le projet FREMM ? Parce qu’à l’origine le projet se voulait européen ? Parce que la France en a pris l’initiative ? Parce que le Maroc en profite ? Ou parce que ça coûte cher à la France ?... Ou bien, question plus intéressant, parce que sans les frégates vendues à l’Egypte on n’aurait pas pu leur vendre le rafale ?
    Je me méfie quand un français dit que la France doit avoir une défense nationale triomphante (avec une part plus importante de son PIB) mais qu’il ne faudrait pas que ça coûte trop cher à la France ( ?).

    - Petite digression sur toute dépense des états quels qu'ils soient : ça coûte toujours plus cher que prévu. Les prestataires vivent de leurs prestations. C’est bien sûr un lieu commun que de le dire, mais ça veut dire qu’ils n’ont aucun intérêt à ce que le chantier se termine s’ils veulent continuer à travailler… (et si c’est l’état qui paye alors… celui-ci se fait un devoir de donner du travail à son pays). Le budget est toujours multiplié par 2 ou 3 au minimum par rapport aux prévisions. Il faut l’intégrer une fois pour toute. Et que dire du facteur multiplicatif sur le coût du démantèlement nucléaire qui ne s’arrêtera jamais et dont dépendent des filières entières de métiers spécialement dédiés. Et le démantèlement des sous-marins nucléaires qui étaient le fleuron de l’armée nationale, qui va payer l’héritage de la puissance nationale déchue ? -

    ...Donc une armée française sans l’Europe, c’est d’un autre temps. C’est comme la Bretagne qui se voudrait libre et indépendante sans la défense nationale.

    Aujourd’hui, je ne sais pas si la France a vocation à cela mais on constate que son ambition est bien moins la défense nationale que la vente au plus offrant de son ingénierie et de ses compétences militaires. Pour continuer son programme de défense nationale et maintenir son haut niveau de technologie militaire, elle vend aujourd’hui des rafales au Qatar, autorisant en contrepartie leur compagnie aérienne « civile »( ?) à desservir les aéroports français, à l’heure où on prive les français de leurs libertés individuelles au nom de la sécurité nationale…(voir "Libre de ne pas l'être ?" dans le post précédent de Gaël avec la belle citation de Victor Hugo...) Voilà une vraie question à débattre et ce pour quoi on pourrait vouloir de vrais projets pour la défense nationale de nos idées. C’est aussi cette confusion de nos priorités qui détourne les français des questions militaires, quand finalement il y a contradiction entre notre défense nationale et nos aspirations économiques. Au final, le militaire français qui s’engage aujourd’hui, a pour mission de faire le planton avec son beau FAMAS et surveiller les aéroports français, pendant qu’on donne au monde les moyens de notre insécurité. Il n’y a pas un problème là ?

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