Citation du moment

« On ne conduit le peuple qu'en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d'espérance.»
Napoléon Bonaparte

samedi 5 avril 2014

Uzbin, 18 août 2008

J'écris cet article en réaction à un reportage vu sur France 2 il y a quelques jours, il traitait de l'embuscade qui a coûté la vie à 10 soldats français au cœur de l’Afghanistan.

Ce reportage est remarquable car il laisse majoritairement la parole aux acteurs, aux hommes qui y étaient. Les considérations politiques sans objet sont laissées de côté. Par ces témoignages il est possible de prendre mesure de ce qu'est la guerre, cette épreuve à laquelle sont soumis tous les combattants, qu'ils soient français, anglais, américains, afghans, vietnamiens, tchadiens, algériens...

La parole est aussi laissée au Général Irastorza, chef d'état-major de l'armée de terre lors de l'embuscade, qui rappelle à juste titre que la guerre engendre la mort. La mort passe au-dessus de ces considérations que sont la victoire ou la défaite, et chacune est une tragédie, celle de ces 10 soldats, celle des 79 autres tombés en Afghanistan, et celle des millions d'autres anonymes disparut les armes à la main.

Dans une moindre mesure la parole est donnée à des parents qui sont restés alors que leurs enfants sont partis pour ne pas revenir. Comme cela est déjà arrivé l'armée est accusée de ne pas avoir assez protégé les enfants de la partie, mais pour la première fois le conflit est arrivé jusque devant la justice civile. Pourtant ce recours est vain : il n'y a pas de responsable si ce n'est l’intérêt supérieur de la patrie. Certes il fallait prendre mesure de cet événement, et cela fut fait (un exemple ici) mais la protection totale des combattants ne peut pas être assurée. En effet, une guerre ne se gagne pas enfermé dans une carapace d'acier ou de béton, mais par la présence des soldats aux cotés des populations civiles, seul le rapport d'homme à homme peut faire évoluer une situation. La guerre malienne n'a pas été gagnée en restant dans les avions de combats, par ailleurs indispensables, mais bien en allant chercher, à pied, l'ennemi dans ses bases.

En allant au-delà des tragédies individuelles il est utile de rappeler que le bilan des pertes françaises d'un an en Afghanistan est équivalent à, environ, 4 jours de la guerre d'Algérie ou 10 minutes de la première guerre mondiale. Et si ce reportage montre les souffrances des hommes sous le feu dans un engagement limité, sauf pour ces hommes, et dans le lointain Afghanistan, n’oublions pas qu’un jour notre pays, c’est à dire l’ensemble des citoyens, aura peut-être de nouveau à se battre pour sa survie. Ce sera alors à nos portes et cet engagement devra être sans aucune autre limite que la volonté de défendre la liberté et l’idée même de la France.

1 commentaire:

  1. effectivement, c'est un sacré reportage qui aurait même mérité d'être intégrer à un débat en prime time et non relégué en 2e partie de soirée.

    car il montre bien que des erreurs tactiques et stratégiques ont été commise et ont permis à cette embuscade d'avoir lieu. mais il montre aussi le courage des hommes impliqués une fois l'embuscade débuté.

    il montre aussi la nécessité d'avoir un équipement adapté au combat en montagne en terme d'observation déportée et d'appui feu. car si la guerre se gagne au sol, la population ne veut plus des boucheries des guerres précédentes. pour cela, il faut offrir à l'armée les moyens technologiques nécessaires via un budget à la hauteur.
    mais ce point étant politique, il est peu aborder dans le discours mais tout de même visible dans les moyens dont disposait les français qui n'était pas à la hauteur d'un combat de haute intensité en terme d'infanterie comme il y a eu ce funeste jour.

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