Citation du moment

« On ne conduit le peuple qu'en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d'espérance.»
Napoléon Bonaparte

lundi 2 décembre 2013

Le soleil d'Austerlitz

«Mon peuple vous reverra avec joie, et il vous suffira de dire, "J'étais à la bataille d'Austerlitz", pour que l'on réponde, "Voilà un brave"»
Napoléon Ier, Empereur des Français



Le 2 décembre 1805, la Grande Armée donne à la France une de ses plus glorieuses victoires.

Il y a quelques années a eu lieu le bi-centenaire de cette grande bataille. Commémoré en République-Tchèque, sur les lieux de du combat, la France n'eu comme représentant que le Ministre de la Défense. Pourquoi ? Parce que la France d'aujourd'hui a honte de sa gloire et de ses victoires, elle préfère se morfondre dans la défaite. Sinon pourquoi faire représenter la France à Austerlitz par le 6ème ministre dans l'ordre de préséance et à Londres pour l'anniversaire de la défaite de Trafalgar par le vaisseau amiral de la flotte, le porte-avion nucléaire Charles De Gaulle ?

Rappelons nous et commémorons nos victoires :
Bouvines, Austerlitz, Stonne, Bir Hakeim, Na San...

Et ce dans tout les domaines. Français, gardez la tête haute.

mercredi 20 novembre 2013

Innover et Industrialiser en France : l’électronique

Dans l’imaginaire collectif l’électronique est un domaine réservé à la Silicon Valley en Californie pour le développement et à l’Asie pour la production. Ce n'est pas totalement faux : la Silicone Valley regroupe 6000 entreprises dans le domaine du numérique et les géants asiatiques de la production : Samsung, TSMC ou UMC regroupent une part très importante de la fabrication de circuits électroniques.

Mais on oublie trop souvent les européens, et en particulier le franco-italien STMicroelectronics (hériter de Thomson Semiconducteurs), 7ème plus gros fabricants de composants, basé près de Grenoble, qui est une référence mondiale pour de nombreux composants.

Parlons de Soitec, une belle réussite de deux chercheurs français, en France. Crée en 1992, la société se positionne sur un marché de niche avec une technologie de rupture : la fabrication de silicium sur isolant de haute qualité. Ce produit est destiné à la production de puces électroniques de hautes performances. La fabrication est localisée dans l’Isère (plus des fabricants sous licence dans divers régions du monde). L’entreprise se diversifie actuellement vers le solaire et d'autres technologies d’électronique de pointe. 20 ans après sa création, le groupe a un chiffre d’affaire de plus de 300 millions d’euros et emploie plus de 1200 personnes.
La clé de la réussite ? Une idée, une innovation qui vient de quelques chercheurs, suivie d’une prise de risque avec la création d’une start-up, et une ambition : devenir leader mondial.

Troisième et dernier exemple : QOOQ. Vous ne connaissez pas ? C’est pourtant une des stars de Noël de chaque côté de l’Atlantique : une tablette tactile pour la cuisine. Mettre des contenus culinaires (recettes, vidéo…) sur une tablette résistante aux aléas de la cuisine (projection de liquide, chaleur…), une aventure commencée en 2009, avant même l’explosion des tablettes grand public. Au lancement la tablette était fabriquée en Chine, aujourd’hui elle est fabriquée en Saône et Loire, et elle s’apprête à entrer dans les foyers américains.

Trois exemples différents, trois échelles différentes, trois époques différentes pour des succès qui perdurent. Qui a dit qu’investir en France n’était pas possible ?

Oui, on peut innover et industrialiser en France. Mais il faut avoir de l’ambition et savoir prendre des risques

dimanche 17 novembre 2013

La richesse, croissance historique et zones géographiques

Croissance, un mot qui revient constamment dans la bouche des dirigeants politiques, des économistes, des financiers, des journalistes… un mot à la mode depuis quelques années. Après des années de croissance, les pays les plus développés, dont la France, ont désormais une économie morose et une croissance en berne. Etant donné que pour la majorité des gens (et la majorité des théories) la croissance est indispensable il apparaît dans les média les termes aberrants de « croissance négative », « recule de la croissance »…

En dehors des pays développés, où la croissance semble faire place depuis quelques années à une stagnation économique, on trouve des pays et des continents où la croissance n’est pas une chimère mais une réalité. Est-ce une différence structurelle ? Culturelle ? Un simple déphasage ?

Quel est la réalité de la croissance à l’échelle de l’histoire ? L’humanité génère-t-elle toujours la croissance où est-ce un phénomène passager du à l’industrialisation ?

Pour apporter des éléments de réponse j’ai choisi d’utiliser les travaux de A. Maddison dont les écrits font référence dans le milieu de l’historiographie économique. Il a étudié la richesse du monde, pays par pays, depuis l’an 0 (naissance de Jésus Christ) jusqu’à nos jours en se basant sur l’indice bien connu qu’est le PIB (Produit Intérieur Brut) en s’affranchissant des variations de valeurs en utilisant comme unité le Dollar Geary-Khamis. On utilisera le PIB brut ou rapporté à la population des dites zone géographiques..

Prenons le PIB mondial sur les 2000 dernières années (Figure 1) : la croissance est sans aucun doute exponentielle. Cette figure amène plusieurs questions :
  • Comment se réparti la richesse en pays/continents ?
  • Que s’est-il passé avant l’année 1600 ? PIB stable, croissance linéaire ?
  • Quel est l’élément déclencheur entre 1000 et 1600 qui explique la forte croissance qui suit ?
  • Tous les en pays/continents suivent ils la même courbe ?
  • Cette croissance a-t-elle une fin ou alors va-t-on poursuivre cette courbe exponentielle ?

Fig. 1 : évolution du PIB mondial de l'an 0 à 2006.

Laissons de côté cette dernière question, nous l’aborderons à une autre occasion, pour nous focaliser sur les autres. Regardons premièrement comment évolue la richesse zone par zone avant 1800 (Figure 2, graphe de gauche). On remarque la domination des deux géants asiatiques : Chine et Inde, portés par leur forte démographie et leur grande superficie. L’Europe de l’Ouest est encore dominée par Rome au début du Ier millénaire, la chute de cet empire explique la récession, ou croissance négative (sic), avant l’an 1000. On observe ensuite une forte expansion qui porte le PIB de l’Ouest Européen au même niveau que la Chine et l’Inde. La croissance africaine est bien plus linéaire mais reste limité au tiers des 3 grands ensembles en 1800. Enfin, l’Amérique Latine semble avoir une évolution similaire à celle de l’Afrique, à noter l’effet pervers de la colonisation de ce continent : une forte récession vers 1600.

Intéressons-nous maintenant au PIB par habitant de ces mêmes régions, sur la même période (Figure 2, graphe de droite) : défavorisées par leur démographie les géants asiatiques ont une faible croissance de la richesse rapporté à la population, les africains reste au même faible niveau de richesse, alors que l’Europe de l’Ouest, après une période de déclin lors de l’âge sombre dû à la chute de Rome, connait une forte croissance de son PIB par habitant. L’impact de la colonisation sur l’Amérique latine est effacé de cette statistique par la diminution de la population de cette zone, diminution elle aussi causée par la colonisation.

Fig. 2 : évolution du PIB et du PIB/habitant de l'an 0 à 1860 sur différentes zones géographiques

Pourquoi l’Europe connait-elle cette forte expansion durant les 800 premières années du second millénaire ? 

Certainement un développement scientifique et technique sans précédent, mais aussi une organisation plus centralisée : la fin des proto-Etats apporte une stabilité sans précédente malgré les guerres incessantes entre les Royaumes. En Inde et en Chine certes les castes et la bureaucratie sont stables mais la richesse reste dans le secteur primaire contrairement à l’Europe où une proto-industrie se développe dès 1100, donnons un seul exemple de cette industrie naissante : l'arsenal de Venise.

(A suivre…) 


Source: 
(Angus Maddison)

lundi 28 octobre 2013

Les capitaux et les ETI

Je reviens sur les ETI et sur l'actionnariat suite aux propos de M. Gilet, président du Fonds Stratégique d’Investissement, rapportés par le journal Les Echos.

Je rappel qu'en France nous manquons d'Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI), et que les entreprises peinent à passer le cap de 50 salariés qui fait entrer les PME dans le monde des ETI. Deux causes majeurs à cette situation : un manque de financements et un manque de volonté. (la suite ici)

M. Gilet fait état dans ses propos d'une frilosité des entreprises, principalement des ETI, à ouvrir leur capital. En effet, ces entreprises, souvent familiales, ne veulent pas prendre le risque de perdre le contrôle de l'héritage patriarcal au profit d'un grand investisseur. Leurs inquiétudes se comprennent aisément, mais dans leurs refus d'ouvrir leur capital ces entrepreneurs limitent grandement les capacités de développement de leurs entreprises. 
La solution à ce manque de moyen financier est une ouverture du capital réservée aux employés de cette entreprise : l’actionnariat salarié. Certes cela apporte moins de capitaux qu'une ouverture totale, mais ces capitaux restent fidèle à l'entreprise, permettent un développement de l'esprit de famille de l'entreprise, et assure une meilleure répartition des richesses.

mardi 22 octobre 2013

Lampedusa, l’écueil sur lequel s’échoue l'Afrique

366 morts le 3 octobre 2013. Emportés par la mer en rejoignant la vieille Europe en laquelle les européens ne croient plus depuis longtemps. Quelle ironie !

Ils ont tout quitté dans l'espoir d'un monde meilleur. Qu'ils reposent en paix.

Certains demandent à l'Europe d'agir, de secourir toutes les embarcations qui quittent l'Afrique, d’accueillir tous ces réfugiés sur son sol. Certes l’Europe doit protéger ces hommes, ces femmes et ces enfants d'une mort certaine en méditerranée. Certes l’Europe doit accueillir sa part de réfugiés, sa part de misère. Mais l’Europe ne peut pas, ni structurellement, ni économiquement, ni culturellement, accueillir l'ensemble des persécutés africains. Car ce naufrage n'est pas celui de l’Europe, c'est celui de l’Afrique dans son ensemble.

Cependant l’Europe a une responsabilité partielle et indirecte dans ce dramatique exode. On ne reviendra pas sur la colonisation, concept d'un autre âge qui a apporté le progrès technologique mais aussi les inégalités, mais on peut s'attarder sur la gestion calamiteuse de la décolonisation. Dès la fin de la seconde guerre mondiale l'aspiration à la liberté a conquit tous les peuples, et les ex-colons se sont accrochés vainement à leurs prérogatives sans aucune vision d'avenir. Car l'avenir n'était pas la domination d'un continent par l'autre mais au partenariat entre les deux continents, d'égal à égal, dans la liberté. Par cette erreur de jugement l'Europe n'a pas aidé l'Afrique à se mettre dans de bonnes conditions pour aborder le XXIème siècle. De cela l'Europe est responsable.

L'erreur aujourd'hui serait de ne faire que réagir aux événements, c'est à dire secourir et accueillir les réfugiés, sans chercher à influer sur les causes de cet exode. Ils partent pour fuir la pauvreté, le manque d'eau, de nourriture, pour échapper aux épurations ethniques, aux conflits religieux, aux dictatures... Ainsi ils quittent tout, dont leur pays. C'est cela qu'il ne faut pas tolérer : que des hommes soient contraints à la fuite.

En 1948, lendemain de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis proposent le Plan Marshall à une Europe meurtrie par 6 années de guerre. Les objectifs sont multiples : apporter des débouchés aux produits américains et contrer la menace communiste qui pèse sur l'Europe et qui jetterait des millions individus sur les routes de l'exode, vers l’Afrique peut être mais aussi vers l'Amérique. N'abordons pas la part d'altruisme du Plan Marshall qui ne saurait être quantifiée.
Le parallèle avec la situation entre l'Europe et l'Afrique du XXIème siècle est frappante.

En effet, on trouve l'Europe à la fin d'un cycle économique et qui peine trouver un nouveau modèle, elle est riche, elle produit, mais elle vend peu. Les Etats-Unis en 1948, sont puissants, riches, ils produisent énormément, conséquence de la guerre, mais ne savent plus quoi faire de leur production et redoutent un nouveau jeudi noir. Les deux ont, ou ont eu, besoin de partenaires pour l'avenir.
En 1948 les Etats-Unis s'opposaient aux communistes, aujourd'hui l'Europe s'oppose aux dictatures et aux extrémistes.
En 1948 l'Europe luttait pour ne pas sombrer dans l'anarchie après la destruction de ses infrastructures et de ses moyens de production. Aujourd'hui l'Afrique lutte pour ne pas sombrer dans le chaos.

L'Europe, comme l'Afrique, a besoin d'un partenaire, l'Europe pour contrer les totalitarismes religieux, ethniques, ou militaires, et en conséquence limiter l'afflux de migrants à ses frontières, l'Afrique pour accroître son développement économique.

Il faut organiser dans l'ensemble des pays Européens et Africains, un vaste Plan Marshall pour l'Afrique. Cela permettra de limiter l'exode malheureux de populations entières, de faire avancer la démocratie sur ce grand continent qu'est l'Afrique, et, conséquence non négligeable, de donner à l'Europe de nouveaux débouché pour son industrie.

jeudi 17 octobre 2013

L'Iran, le nucléaire, la démocratie et le poids de l'Histoire

Un des plus vieux pays du monde, la Perse, ou Iran, est indépendante depuis 552 avant J.C.. Il est aujourd'hui écarté de la communauté internationale pour trois raisons principales :
  1. son régime théocratique et autoritaire malgré une démocratie limitée mais qui fonctionne.
  2. l'opposition idéologique du guide suprême envers l'occident, et sa détermination affichée de détruire Israël : notons que ce point est intimement lié au guide suprême et non au peuple iranien.
  3. la volonté de se doter de l'arme nucléaire.

Mais il y a des régimes bien pire ailleurs sur la planète, sans pour autant s'attirer les foudres de l'ONU. Ses uniques soutiens sont la Russie qui y a vu de tout temps un accès sur les mers chaudes, la Chine qui a besoin du pétrole Iranien, et la Corée du Nord car entre exclu du monde ils sont forcés de s'entendre.

Le seul facteur qui semble avoir du poids pour limiter un retour de l'Iran dans le concert des nation est sa volonté de poursuivre un programme nucléaire civil & militaire. Certes les dirigeants Iraniens réfutent s’intéresser à la bombe, mais un programme nucléaire civil mène forcement aux technologies nucléaires militaires. En effet il est plus complexe de maîtriser une réaction de fission en chaîne que de la déclencher sans en contrôler la suite : l'un représente le réacteur nucléaire, l'autre la bombe A.

Certes la prolifération de l'arme atomique doit être limité, mais de quel droit les 5 possesseurs historiques (USA, Russie, France, Royaume-Uni, Chine) en interdiraient le développement par un pays qui est à la fois un des plus vieux du monde et un berceau de la civilisation culturel & scientifique ?
L'Inde et le Pakistan se sont bien dotés de l'arme nucléaire : cela garantie la stabilité militaire entre les deux pays. Avec le principe de non-prolifération, les 5 historiques doivent limiter le nombres des puissances nucléaires et faire en sorte que aucune d'entre elles ne soit une menace pour la planète. Si le peuple Iranien, car n'oublions pas qu'il s'agit d'une démocratie, le veut alors l'Iran sera une puissance nucléaire quelque soit les protestations et sanctions internationales.

L'Iran est un pays affaibli par les sanctions internationales mais c'est surtout un pays riche, riche de ses ressources naturelles, riches de sa culture, riche de son peuple. Un jour l'Iran se rouvrira sur le monde, ce sera l'heure d'une explosion économique.
Or de plus en plus le pouvoir du guide suprême est remis en cause : les manifestations contre la réélection sans doute truquée de Mahmoud Ahmadinejad en 2009, l'élection en 2013 de Hassan Rohani un modéré qui n'était pas le favori du guide suprême.
Aujourd'hui l'Iran arrive à un tournant :
  • soit le gouvernement décide de s'entendre avec l'Occident, dès lors le pays se développera économiquement et le pouvoir du guide suprême disparaît.
  • soit il reste dans la logique d'affrontement des années Ahmadinejad, alors l'autorité et la popularité du guide chutera lentement mais inexorablement jusqu'à un renversement démocratique.

Dans les deux cas, à moyen terme on assistera à un retour de l'Iran dans les échanges internationaux. Et comme on l'a déjà dit : que ce soit aujourd'hui ou demain l'Iran décidera seul de se doter ou pas d'armes nucléaires.

Pour le bien de notre économie, pour la défense de la civilisation et l’indépendance stratégique que représente la France il faut dès maintenant tendre la main à l'Iran, exiger de lui uniquement la stabilité de la région et non sa renonciation à un programme nucléaire, et se lancer dans un large partenariat avec ce grand pays : industrie pétrolière, automobile, nucléaire civil. L'Iran ne nous attendra pas, il peut faire sans la France car d'autres sont prêts à investir cette puissance régionale, bientôt mondiale, qui à les clés de la stabilité du Moyen Orient.

samedi 12 octobre 2013

L’orientation gouvernementale et l’échiquier politique

Quel est le bilan et quelles sont les perspectives après 16 mois d’un gouvernement, exécutif et législatif, socialiste avec un président de gauche? Une première en France depuis 1993 et le gouvernement de P. Bérégovoy ?

L’élection de François Hollande fut principalement l’œuvre d’un rejet massif de son prédécesseur par la population. Adulé par les militants de droite, les qualités, ou défauts, humaines de N. Sarkozy ne correspondaient pas aux aspirations des français non militants. La vague rose sur les assemblées, Assemblée Nationale et Sénat, est plutôt une respiration normale d’un système démocratique, accentué par 10 ans de domination d’un même parti.

Nous ne ferons pas dans cet article de bilan des précédentes législatures, mais constatons que ce repli de l’UMP fut accentué par l’apparition d’une crise économique mondiale durant son mandat. Le parti politique alors au pouvoir, quel qu’il soit, est forcément, en parti du moins, tenu pour responsable. A tort bien sûr, car cette crise économique mondiale ne pouvait pas être évitée par le gouvernement en place.

Arrivé au pouvoir sur une vague d’anti-Sarkozysme, le gouvernement actuel a, durant près d’un an, œuvré à la démolition des mesures phares du précédent quinquennat : défiscalisation des heures supplémentaires, RGPP, âge de départ à la retraite…
Parallèlement à cette entreprise, une réforme du mariage a été menée, trop vite pour une partie des Français.
Enfin, depuis l’été 2013, une nouvelle ligne émerge : celle du réalisme. Avec un équilibre entre rigueur et investissement, entre Europe du sud et du nord, une réduction des dépenses de l’Etat, et une augmentation des impôts, le gouvernement est loin d’appliquer un programme socialiste. Très loin aussi de la droite traditionnelle, le gouvernement de F.Hollande est social-démocrate.

C’est ce dernier point qui explique sa popularité en berne : la France n’est pas et n’a jamais été social-démocrate. C’est une politique qui fonctionne pourtant bien dans d’autre pays, mais les français la rejettent. Elu avec une majorité allant de la gauche de la Gauche au centre. Il gouverne avec une politique qu’on peut classer de centre gauche. Trop loin des socialistes traditionnels pour être populaire dans son propre parti, il est rejeté par le centre droit, plus par principe que par idéologie.

Quelles sont les différences entre une rentrée 2013 avec l’actuel gouvernement et l’uchronie d’un automne présidé par N.Sarkozy ?
Elles sont nombreuses évidement, mais ce seraient essentiellement des divergences sur la forme et non sur le fond.
Une réforme des retraites ? Il en fallait de nouveau une et il en faudra encore d’autres rapidement car ni l’UMP, ni PS n’aurait eu le courage de mettre en place une véritable réforme pour remettre à flot le système. Des emplois jeunes ? Tous les gouvernements en ont créés, sans succès autre qu’électoral. Un crédit d’impôt innovation qui succède au crédit d’impôt recherche. Les déclarations sur les Roms faites par M.Valls, Ministre de l’Intérieur, succèdent au karcher de N. Sarkozy, alors au même Ministère.

Les promesses, non tenues, de N.Sarkozy à Gandrange et celles de F.Hollande à Florange sont identiques, elles mettent en avant la France d’aujourd’hui : une industrie qui souffre et qui peine à prendre un second souffle. Ces deux présidents sont, ou ont été, volontaires pour permettre à la France d’entrer dans le XXIème siècle, mais ils sont entravés dans leur action par un manque d’adhésion de la population.

La cause ? Une lutte entre les deux partis majoritaires qui sont essentiellement tournés vers les échéances électorales, sans aucune réflexion idéologique.

Pourquoi les partis situés aux extrémités de l’échiquier politique, les Fronts National et de Gauche, sont aujourd’hui en croissance ? Car ce sont les deux seules forces de propositions dans notre pays : chacune basé sur le repli, économique pour l’un, identitaire pour l’autre. Démagogiques, ils puissent leur réussite dans le désarroi de la population.

D’autres proposent des solutions alternatives mais ils ne sont pas suivis car leur puissance médiatique est plus faible et leurs solutions sont moins démagogiques. Les souverainistes avec N.Dupont-Aignan (Debout La République (DLR)) peuvent grandir sur l’anti-européaniste actuel. Mais peut-on se passer de l’Europe, même mal construite comme aujourd’hui ? La dernière force de proposition est le Centre : de bonnes idées germent, mais n’aboutisse à rien, car le Centre n’a pas de chef qui s’impose, or les français sont bien ancrés dans la Vème république croient en l’homme providentiel. De plus, le Centre est éclaté en nombreux partis (Modem, UDI, RS) eux même divisés, et balance entre gauche et droite sans affirmer définitivement sa différence.