Citation du moment

« On ne conduit le peuple qu'en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d'espérance.»
Napoléon Bonaparte

dimanche 9 mars 2014

Le poids des mots

Une langue est riche, plus de 60 000 mots composent la langue française, peut être jusqu’à 300 000. Elle est riche car chaque mot à un sens. Ainsi pour construire une phrase juste, c’est à dire qui correspond à notre pensée, chaque homme doit connaitre un maximum de mots. Mais connaitre les mots n’est pas suffisant, il faut connaitre leur sens, et savoir les utiliser.

Voici les deux exemples qui m’ont marqué : un élève de terminale Scientifique, donc potentiellement titulaire d’un baccalauréat général moins de 10 mois après cette question, qui demande à son enseignant lors d’un devoir ce que signifie le mot « discerner » présent dans une question, mon deuxième exemple est une répétition, malgré mes corrections, de confusions entre les verbe « mesurer » et « calculer », et cela venant d’un élève ingénieur à BAC+4, c’est à dire un potentiel ingénieur moins de deux ans après cette erreur, voir même cette faute car il s’agit bien de termes liés au métier pour lequel il est formé.

Ces manquements à la langue ne sont certes pas vitaux car il est toujours possible de se faire comprendre, preuve en est la communication entre deux étrangers dans une tierce langue : aucune phrase n’est parfaite pourtant l’information passe bien de l’un à l’autre des interlocuteurs. Mais on doit s’attendre, dans un échange entre deux individus de même langue natale, à une utilisation optimale de cette dite langue, dès lors chaque faute commise par l’orateur, disons en difficulté, pourra induire en erreur l’auditeur sur l’information transmise, on s’approche de l’exemple où il y a confusion entre mesurer et calculer. Lorsque la situation s’inverse et que c’est l’auditeur qui est en difficulté, on se retrouve dans le cas du premier exemple, l’information ne sera pas, ou sera mal, comprise.

C’est un phénomène malheureusement fréquent, les causes sont à chercher à l’école primaire : le vocabulaire d’un nombre important d’élève n’y est que très peu développer. Nombreux sont ceux mettent en avant l’effet d’une « génération TV » pour laquelle les parents sont moins présents et ne participent pas au développement du vocabulaire de leurs enfants, ainsi la substitution de l’éducation parentale par l’éducation hertzienne ne fonctionnerait pas. Je ne partage qu’en partie ce point de vue, en effet pour moi la différence est belle et bien le recul de la présence parentale, mais si l’apparition de la télévision, et maintenant d’internet, dans chaque domicile apporte une culture unique, sans nuance et pauvre en vocabulaire, elle apporte aussi de nouveaux regards sur le monde et une source inépuisable de vocabulaire dont la famille proche n’aurait pas pu faire mention dans une conversation.
Les responsables sont donc plutôt les courants libertaires, qui cherchent à libérer les individus de toute contrainte, à tout âge. Il n’est pas admissible que des parents autorisent leurs enfants à regarder durant des heures de programmes qui ne leurs apporterons rien : ni culture, ni vocabulaire. Ces programmes ne sont pas à bannir, mais simplement à limiter. N’oublions pas que lire Zola, Jules Verne ou Dumas apporte infiniment plus que regarder une émission de dite « télé réalité » qui n’a de réaliste uniquement les flux financiers créés.

L’autre responsable est certainement l’école, car l’école est désormais dirigée par le laxisme. Les enseignants ont l’obligation de ne pas refuser l’admission au niveau supérieur à un trop grand nombre d’élèves (ou d’étudiants), dès lors il faut oublier certaines erreurs commises, ces erreurs, somme toutes normales, se transforment petit à petit en fautes systématiques sans jamais avoir été corrigées. La confusion entre mesurer et calculer est, je pense, symptomatique, corrigée chaque années, chaque mois, chaque semaine, durant 5, 6, 8 ans, elle aurait disparu, ce ne fut pas le cas donc cette erreur persiste.

Dans un cadre plus large rappelons la nécessité de toujours s’attarder sur le poids des mots. En effet à ne pas peser le poids de chaque mot lors d’une intervention, on dit aussi tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, on peut arriver à des situations très graves, inconfortables, inattendues, mais heureusement plus souvent simplement comiques. Prenons l’exemple du Président de la République, F. Hollande, qui a déclaré qu’un de ses ministres était revenu « sain et sauf » d’un voyage en Algérie. Aucune pensée malsaine (du moins je l’espère) ne se cachait dernière ces paroles, le ton de la farce était probablement de mise, mais cette tirade bravache a mis le président, et le pays, dans une situation inconfortable. Ici, le poids des mots avait toute son importance.

Quelle que soit la langue que l’on parle, chaque mot à un sens, nous devons le respecter et le faire respecter.

lundi 3 mars 2014

30 Septembre 1938

Le 30 Septembre 1938, Hitler fit entrer ses troupes dans les Sudètes, ce territoire Tchécoslovaque majoritairement germanophone. Il le fit dans une quasi-indifférence. Les démocraties n’ont que faiblement réagit lorsque Hitler a déclaré vouloir mettre la main sur cette région. Cette passivité a mené aux accords de Munich, à propos desquels Winston Churchill a dit: "You were given the choice between war and dishonor. You chose dishonor and you will have war.", soit “Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre”.

Et il avait raison, c’était la dernière marche avant la seconde guerre mondiale. Personne n’a voulu courir le risque de mourir pour les Sudètes, mais c’était exécuter la liberté d’avaliser une telle action.

vendredi 28 février 2014

L'an deux débute !

Un an, un an que j’ai commencé d’écrire Certaines Idées. Durant ces douze mois j’ai publié 38 articles, qui ont été vu environ 2800 fois.

Un grand merci à tous ces visiteurs, et encore plus à tous ceux qui ont commenté les articles.

Cette première année a déjà vu de nombreux sujets être abordés, toujours avec un regard critique je l’espère, mais je veux rappeler que ma volonté est guidé par la vie démocratique, la culture des idées nouvelles, à l’opposé de la pensée unique. Car c’est bien ce danger qui guette notre civilisation : une pensée unique qui nous mènerait vers une catastrophe, quelle qu’elle soit, sans aucune autre alternative. Le débat démocratique limite certes la vitesse d’exécution des réformes, que je critique souvent, mais il permet de toujours avoir des solutions alternatives disponibles. C’est ce choix dans les politiques à mener qu’il faut cultiver et non une stérile opposition droite/gauche, parti contre parti.

Le XXIème siècle offre des outils de communications fantastiques. L’incroyable puissance de ceux-ci a été démontrée lors du dit Printemps Arabe. Mais ces revendications numériques ne doivent pas se résumer à la contestation, la saine vie démocratique doit s’en emparer et des propositions émerger.

Tel est mon objectif : exprimer Certaines Idées pour amener chaque lecteur à la réflexion personnelle.

vendredi 14 février 2014

Richesse, croissance : le monde aujourd'hui

Après avoir étudié, dans «La richesse, croissance historique et zones géographiques», l’évolution de la richesse dans le monde, en utilisant le PIB, depuis l’an 0 jusqu’en 1850 il est temps de nous intéresser aux mêmes paramètres depuis dette dernière date jusque aujourd’hui. Ces 160 ans ont vu le PIB par habitants être multiplié par 15 pour un européen, alors qu’il avait mis 1800 ans pour être multiplié par 3. C’est donc 160 ans d’une croissance extrêmement importante.

Avant d’analyser les faits, regardons les chiffres :


Fig. 1 : évolution du PIB et du PIB/habitant de 1860 à 2010 sur différentes zones géographiques

Concernant le PIB, le monde est resté sur sa dynamique du XVIIIème siècle, l’Europe de l’Ouest et Etats Unis suivent une croissance déjà fortement exponentielle, le reste du monde a stagné encore quelques décennies avant d’entamer la même croissance que le couple Europe Etats-Unis. Un décalage d’environ 60 ans semble exister entre ces deux groupes de pays. On remarque que depuis les années 2000, trois ensembles sont désormais de puissance économique égale : la Chine a rejoint les deux meneurs historiques. En s’attardant sur le PIB par habitant on retrouve les mêmes grandes lignes : la domination du même couple Europe Etats-Unis et les autres, derrière. L’écart temporel est plus important que pour le PIB, on observe une différence de 100 à 150ans, et seule la Chine semble commencer de rattraper son retard.

Notons que les crises et guerres sont visibles sur ces graphes : crise de 1929, seconde Guerre mondiale, crack pétrolier de 1978, … En étudiant les pays un par un on trouve la trace de bien d’autres évènements, mais aucun ne change drastiquement la tendance : l’évolution reste exponentielle.

Basée sur une consommation sans limite d’énergie, cette évolution exponentielle est intimement liée aux ressources en pétrole, charbon et autres gaz. Ces ressources sont limitées, quelques années, quelques siècles, peu importe : elles sont limitées car leur consommation est bien au-dessus de leur taux de renouvellement. Une transition est, ou sera, donc nécessaire. Reste à définir laquelle : vers une autre source de richesse ? Vers une fin de la croissance ? Vers une autre croissance ?
Cette situation est connue depuis plusieurs décennies, mais aucune action d’envergure ne fut entamée, et le temps presse : la croissance exponentielle ne laisse que très peu de temps pour réagir. Citons tout de même deux exemples de mouvements, l’un qui milite pour une autre croissance : la création de l’indice BNB (Bonheur National Brut) par le Bhoutan, et l’autre qui met en avant les limites de la croissance : le Club de Rome (ici en français). Je reviendrai sur ces problématiques dans un prochain article.

Par ailleurs, il est important de noter qu’aujourd’hui deux géants peuvent imposer leur choix au monde : les Etats-Unis, depuis 1945, et la Chine, depuis quelques années. Les 29 pays de l’Europe de l’Ouest tracés sur les graphiques correspondent globalement à l’Union Européenne. La puissance économique ce groupe de pays est réelle mais ne peut exister que s’ils parlent de la même voix, l’U.E. rivalise avec les deux autres géants lorsque ces membres réagissent de la même façon. Evidemment une politique nationale individuelle est possible, et elle est souhaitée par un nombre croissant de personnes. Mais n’oublions pas que si dans le passé la France a toujours pu faire entendre sa voix dans le concert des nations, et ce sera encore le cas dans la prochaine décennie, voir les deux prochaines si l’outil diplomatico-militaire n’est pas détruit par la politique budgétaire, il est évident que, seul, notre pays n’aura plus aucun poids international face aux grands pays qui émergent de l’âge sombre pré-industriel. Mexique, Brésil, Afrique du Sud, Algérie, Iran, Pakistan, Inde, Indonésie, j’en oublie bien sûr, mais tous ces pays ont une superficie et une population plusieurs fois supérieures à la France, sans omettre la Russie qui retrouvera sans aucun doute sa grandeur passée, et dès que leurs poids économiques leur permettront, ils s’affranchiront de toute influence extérieure, excepté celle des géants mondiaux. Un choix s’offre à nous : être maître de notre destin européen en perdant notre influence internationale ou alors perdre un peu de notre souveraineté dans une Europe Uni, en gardant un poids international incontestable. Entendez bien qu’il ne s’agit pas d’impérialisme, ni d’un appel à l’ingérence, mais seul un pays, ou une organisation, qui est écouté à travers le monde est à même de faire respecter ses intérêts.

Enfin, remarquons que bien que la pauvreté existe dans nos pays occidentaux, que les inégalités limitent la différence de niveau de vie être les pays dits industrialisés et ceux qui ne le sont pas, nos économies sont puissantes et l’avenir n’est pas aussi sombre que certains média le laisse entendre. Certes on doit s’attendre à des changements importants dans le monde de demain, quels qu’ils soient la vie de millions d’hommes et de femmes sera modifiée, mais il est de notre devoir de veiller à ce que ces changements soient bénéfiques pour la société. Et cela en s’intéressant à la chose publique, la Res publica, et pas en tournant le dos à la démocratie ni en ouvrant la porte aux extrémismes.

mercredi 5 février 2014

Inquiétudes et réformes autour de l’Éducation Nationale

Le budget de l'éducation nationale est, rapporté au nombre d'élèves, supérieur à celui de nos voisins européens, de même pour le nombre d'enseignants par élèves. Pourtant le salaire des enseignants français est inférieur, le niveau des élèves chute, l’illettrisme augmente, et le système est, à juste titre, déconsidéré par les français.
Le rôle de l'école n'est, a priori, pas l'éducation mais le développement des connaissances. Cela pré suppose que les parents assument leur rôle éducatif, ce qui n'est pas toujours le cas. Ne pouvant agir directement sur les parents l'école doit prendre en charge ce rôle en plus de sa mission d'enseignement, sans pour autant devenir une garderie nationale. Cela demande des moyens, financiers bien sûr mais surtout matériel, et une formation adapté des enseignants.

Le système actuel est parfaitement obsolète, les réformes que l'on débute aujourd'hui ont 15 ans de retard par conséquent ce n'est plus une ou des reformes marginales qu'il faut entreprendre mais bel et bien une remise à plat totale de notre système éducatif. Le mammouth tant décrié est lent, lourd et souvent inefficace, il doit être mis à terre pour faire place à un félin, une structure plus souple, adaptable doté d'une administration moins énergivore.

Voici quelques propositions :

Durée de l'année scolaire
Les élèves bénéficient de nombreuses et importantes vacances. C'est une chance pour ceux dont la famille à le temps et/ou l'argent pour s'en occuper, leur faire découvrir la mer, la montagne, le sport, la culture. Mais c’est aussi un drame pour les jeunes dont les parents n’ont ni les moyen ni même parfois la volonté de les encadrer.

Les longues vacances estivales ont été héritées d’une société rurale où il été inimaginable de se passer des jeunes bras lors de la saison des moissons. Aujourd’hui ces impératifs agricoles n’ont plus lieu d’être. Dès lors on peut imaginer une augmentation de la durée de l’année scolaire d’un mois. Il faudra appliquer aux vacances estivales le même fonctionnement par zones que pour les vacances scolaires réparties dans l’année. 

Programme
Le décrochage des élèves se fait très tôt, plus ils sont âgés plus il est difficile de rattraper le temps perdu, de combler leurs lacunes. Les connaissances de bases, sur lesquelles un apprentissage sain pourra se développer, doivent donc être assimilées très tôt. On met aujourd’hui en avant un enseignement très factuel et interactif en oubliant les leçons fondamentales : à quoi bon lire Baudelaire ou Nerval si on ne comprend pas le sens des mots ? Pourquoi parler de la relativité d’Einstein au lycée si aucun élève ne sait résoudre une équation à deux inconnues ?
On connaît beaucoup plus de chose que l’on sait en faire évidement, nombreux sont ceux qui ont lu Nerval et les postulats d’Einstein, mais peu en ont assimilé le sens. On peut donc distinguer l’ouverture de l’esprit, la découverte, et l’apprentissage proprement parlé. Les deux ne sont pas incompatibles mais mérite d’être abordé séparément.
  • Primaire & collège
Il faut donc recentrer l’apprentissage sur des enseignements fondamentaux : le français et les mathématiques en priorité, suivent l’histoire, la géographie, l’éduction civique, une langue. Le volume horaire supplémentaire donné par l’allongement de l’année scolaire permet de mettre en place, parallèlement aux enseignements fondamentaux des modules de découverte qui aborderaient une multitude de domaine : physique, chimie, philosophie, économie, … et même la présentation de métiers. Il s’agira de sortir du cadre stricte d’un cours magistral pour que l’élève découvre le fonctionnement du monde dans lequel il aura à évoluer une fois adulte. Mais cela ne peut fonctionner si le bagage intellectuel disponible est suffisant pour réellement comprendre le poids des mots.
  • Lycée
L’arrivé au lycée marque le début d’une spécialisation. Or bien qu’elle soit loin d’être définitive le système actuel est très restrictif : la filière littéraire ne verra plus aucun livre de science dès la seconde, inversement les potentiels scientifiques n’embrasseront la philosophie que quelques heures.
On est, avec cette méthode d’enseignement, très loin de la tête bien faite prônée par Montaigne, personne n’aura un bagage intellectuel complet sans un travail personnel important, de plus c’est un système extrêmement discriminant pour ceux qui, à seulement 16ans, n’ont pas fait le bon choix.

Ajoutons que, pour la filière scientifique ou moins, les outils qui permettent d’aller évoluer sereinement à l’université ne sont pas, ou peu, abordés : la faute à un programme inadapté, à un niveau général des élèves insuffisant. Dès lors nous pouvons imaginer un système similaire à celui proposé pour le collège : des enseignements de spécialisation qui donneront aux élèves les clefs de leur réussite lors d’études supérieurs et des modules hors-champs qui continuerons de faire découvrir les multiples facettes du monde. Ainsi le scientifique sera formé aux mathématiques mais il devra aussi étudier les lettres classiques, la philosophie, l’histoire, l’économie… Alors que le littéraire devra, après en avoir terminé avec le latin ou le grec, se plonger dans la physique et la biologie… Chacun sera spécialiste mais tous pourront se comprendre, et comprendre le monde. Cette compréhension, par tous, de notre environnement fut le grand combat le Georges Charpak, prix Nobel de physique en 1992 et fondateur de La main à la patte.

Environnement extra-scolaire
Pour la réussite scolaire, suivre les cours est certes indispensable mais non suffisant, en effet le travail personnel est indispensable. Bon nombre d'élèves ont évidemment la possibilité de travailler chez eux, mais n’oublions pas les autres, ceux qui n’ont pas un environnement familial propice à ce travail personnel. C'est de ces élèves-là dont il faut se préoccuper dans le cadre de l’environnement extra-scolaire car s’ils sont souvent issu de populations fragiles et ils accentueront la fracture sociétale en cas d’échec scolaire mais pourrait participer à la réduction des communautarisme si une chance leur était donnée.
Pour cela on pourrait mettre en place un système d'étude encadrée, c'est à dire donner la possibilité aux élèves de faire leurs travaux personnels dans l'établissement scolaire. Ces heures d'études seraient facultatives en début de scolarité mais pourraient être rendues obligatoires pour certains élèves sur décision des enseignants. Cette étude, qui ne devra pas être considérée comme une punition, serait dirigée par un ou plusieurs enseignants. Le travail personnel de chaque élève pourra dès lors être fait dans de bonnes conditions.

La formation des enseignants
Il y a quelques années les enseignants sont passés de 4 ans de formations, une licence universitaire plus un an de formation, à 5 ans. L’idée de plus former ce corps est donc perçu depuis longtemps, mais on a confondu mieux former avec plus former. La formation dispensée est certes plus long mais pas plus adaptée.

Voici ma proposition pour les enseignants de collèges et de lycée :
Proposer un concours d’entrée accessible à BAC+3 (après une licence universitaire) qui porterait sur la spécialité préparée (français, mathématique, physique-chimie, …) et sur quelques notions de culture générale. Suivrait, pour les admis, 2 ans de formations réellement axées sur le travail d’enseignant, sans oublier d’indispensables stages en établissement scolaire. Un véritable tutorat des nouveaux arrivants par les enseignants déjà en poste doit se développer. On peut imaginer une décharge d’un certains nombres d’heures en début de carrière, la suppression de cette décharge doit s’accompagner d’une augmentation progressive du salaire.

Des enseignants mieux formé veulent dire des enseignants plus efficaces, avec la nouvelle organisation scolaire (durée de l’année scolaire, encadrement d’heures d’étude) les salaires doivent être fortement revalorisés.

A l’école de la République
Liberté, Égalité, Fraternité. Hier inscrite sur le fronton de chaque école, notre devise a disparu du granite mais aussi de la vie scolaire. Ce sont les Hussards noirs de la République qui ont permis à notre pays de passer, en 30 ans, d’une société rurale repliée sur elle-même, soumise à la volonté de la capitale et d’une minorité à une démocratie forte et pérenne. Ils ont inculqué le respect à plusieurs générations de jeunes français. D’abord le respect du maître d’école, puis le respect de ses camarades, jusqu’à celui de la république et de ses valeurs, la liberté, l’égalité et la fraternité.
Aujourd’hui cet enseignement c’est perdu sur l’autel de l’égalitarisme et d’une tolérance malsaine, on enseigne des faits, des mots, des chiffres, mais plus aucune valeur.

Il bien entendu hors de question de prôner un retour en arrière : laissons aux Hussards Noirs les bonnets d’ânes et la poussière de craie, mais relevons l’étendard républicain.

Avant de demander à un enfant de respecter les valeurs de la France, demandons-lui de respecter son maître d’école, puis ses enseignants au collège. Puis les libertés de ses camarades, inculquons lui les principes qui font de la France notre pays. Pour cela il faut que le maître retrouve sa place : il doit réellement être le maître de sa classe et non un simple surveillant. Il ne doit pas être contesté et bien sûr non contestable. Cela implique la fin de l’ingérence dans la classe, qu’elle soit parentale ou administrative, mais aussi l’instauration d’un droit de regard sur le travail de l’enseignant. Oui, un véritable système de notation de chaque enseignant qui permettrait de mettre de côté les mauvais éléments, et d’éviter les dérives d’un système où l’enseignant serait investi de plus de pouvoir. Non contesté mais surtout non contestable, s’il veut être le seul maître devant ses élèves l’enseignant doit souffrir d’aucun reproche.

Cette notation pourrait être faite par des entretiens annuels devant un ou plusieurs proviseurs, et serait complétée par le résultat d’inspections impromptues. Pour cela il faudra certainement augmenter le nombre d'inspecteurs, aujourd'hui il y a un inspecteur pour 400 enseignants, trop peu pour assurer un suivi et un accompagnement de chaque élément. Il est certes difficile de juger un travail d’enseignement, mais d’autre profession font l’objet d’une notation qui semble complexe (les chercheurs académiques par exemple) et qui n’est pas parfaite. Le but n’étant pas d’établir un classement des enseignants, ni même des niveaux de salaire, mais uniquement d’identifier les mauvais éléments, les tirs-aux-flancs, présents dans chaque corps de métier.

Les langues
Il est de notoriété publique que nous, français, avons un niveau en langues étrangères passablement bas. Ce qui est problématique pour plusieurs raisons : une communication internationale déficiente à l’heure de la mondialisation et des échanges difficiles avec les touristes étrangers en France, un comble pour un pays qui met en avant son rayonnement touristique.

Les causes ? Une place trop souvent perçue comme annexe dans l’apprentissage, un manque de suivi au cours de la formation (il n’est pas rare de trouver des gens qui ont fait 4 ans d’espagnol, 2 ans d’allemand, avant de commencer l’anglais), et une méthodologie d’apprentissage stérile, basée sur l’apprentissage de règles grammaticales avant toute chose. La place doit être faite à un apprentissage bien plus dynamique qui doit mener chaque élève non pas à être bilingue, ni lire Shakespeare, mais simplement savoir répondre à un étranger dans des situations courantes. La grammaire doit venir ensuite, de même que l’accent : il est trop facile aujourd’hui de se réfugier derrière un fort accent (français) pour ne pas parler, il faut donc que chaque élève apprenne à vaincre cette peur et puisse s’exprimer, même approximativement, dans une autre langue.

Le culte du Diplôme
Il existe aujourd’hui une forte tolérance de la médiocrité scolaire : il ne faut pas être laxiste sur les conditions d'accès au niveau supérieur : le redoublement doit rester une option possible et non une exception. Il faut comprendre que l’ensemble de la population n’a pas vocation à faire de longue étude.
Le corollaire de cette constatation est une meilleure information des parcours en dehors du sacro-saint Baccalauréat général, qui est devenu une usine à chômeur potentiel. La révolution de l’éducation entamée il y a quelques décennies devait apporter des générations de bachelier, l’objectif est presque atteint, mais pas en améliorant le niveau des élèves, non, les générations BAC ont été obtenues avec une diminution des exigences envers les élèves. Que l’on cherche à avoir une population plus savante est une bonne chose, que l’on cherche à barder des individus de diplômes inutiles n’a aucun sens. Offrons d’autres voies aux élèves qu’un baccalauréat qui sera une impasse pour beaucoup. Pour cela il faut développer la communication autour de l’offre de formation, soutenir les initiatives tels que des « journées des anciens élèves », proposer des formations par l’apprentissage à tous les niveaux du CAP aux ingénieurs qui permettent une bonne insertion professionnelle. 




Le débat sur l’Éducation Nationale est complexe et de nombreux points restent à explorer. Il faudra à l’avenir s’arrêter sur la problématique des Zones d’Éducation Prioritaire, sur l’absentéisme, sur l’administration…

lundi 16 décembre 2013

Demain : un nouveau monde

Ce qui va changer au XXIème siècle :
  • Les pays émergents vont retrouver un croissance proche de 3%. Leurs économies ont fortement muté en quelques années, mutation qui correspond aux trente glorieuses pour notre pays, mais demain leur croissance ralentira : les chinois voudrons une retraites et les brésiliens se débarrasser des trafics. Cette évolution est déjà en cours : Chine s'approche des 7% après des années de croissance à 2 chiffres, le Brésil revoit ses ambitions à la baisse.
  • Le monde va changer de centre : après 20 ans de dépendance vis-à-vis du moyen orient à cause du pétrole, les Etats-Unis vont atteindre l’autonomie énergétique avec le gaz de schiste alors que l’Europe s’appuiera sur les produits pétroliers Russes et Africains, les énergies renouvelables, et, espérons-le, sur le nucléaire. Seul l’Asie continuera de se tourner vers le moyen orient pour s’approvisionner. Parallèlement vont s’ouvrir les routes maritimes du nord, entre Russie, Groenland et Canada, conséquence d’un réchauffement climatique induit (en partie) par le pétrole du moyen orient (richesse et chute liées au pétrole, étrange bilan). L’attention du monde se déportera donc vers ces routes commerciales qui seront l’artère du commerce international, donc des trafics et des potentiels conflits.
  • Avec la fin du pétrole bon marché, les coûts de transports vont augmenter. Couplés avec l’augmentation du niveau de vie et des salaires des pays ateliers, on devrait observer de nombreuses relocalisations.
  • Désintéressé du moyen orient, désengagé de l’Europe, les Etats-Unis vont se trouver à faire un choix entre isolationnisme (ils en ont les moyens par la taille de leur pays, ou de leur continent qu’ils dominent) et interventionnisme asiatique pour protéger leurs alliés face à l’expansion chinoise. Difficile de prévoir leur réaction, on peut simplement constater que les Etats-Unis sont alternativement isolationniste et interventionniste suivent le degré de menace qui pèse sur leurs alliés.
  • L’Iran se dotera de la bombe nucléaire, et s’installera une guerre froide entre Chiites et Sunnites au moyen orient.
  • Le Maghreb aura profité du printemps arabe et la démocratie s’installera doucement, peut être très doucement mais inexorablement.
  • La zone euro sortira de la crise actuelle par sa puissance économique ou alors le continent européen sombrera dans le chaos.

Le XXIème siècle est véritablement en marche vers de grands bouleversements. Le monde va passer d'une domination sans partage de l'occident à un subtil équilibre qu'il s'agira de conserver pour éviter de nouvelles dérives telles que l'a connu le XXème siècle. Les Etats-unis, bien que restant alliés de l'Europe, se tourneront vers le Pacifique pour relever le défit chinois. Ces mêmes chinois s'opposeront à l'Inde, l'autre géant asiatique. Ces 20 dernière années, les mers furent le pré carré des Etats-Unis avec leur flottes de portes-avions, demain ce sera majoritairement des océans sous domination régionale. Les routes maritimes polaires donneront une place de choix aux Canada et à la Russie. L'Afrique reste la grande inconnue, convoitée par les autres continents, les africains doivent trouver la force de bâtir leur futur autrement que dans la guerre et la colonisation morale (européenne) ou financière (chinoise). Enfin le bassin méditerranéen sera, comme toujours depuis plus de 2000 ans, soit un catalyseur de croissance soit un foyer de tensions mais certainement pas une entité mineure.

Le XXIème siècle sera celui des grands ensembles politico-économiques conséquence de la centralisation du pouvoir, celui du régionalisme culturel renaissant sur le terreau de la peur de la mondialisation, mais aussi celui des révolutions populaires soutenues par la communication instantanée.


Projection de l'évolution du Monde au XXIème siècle.(Lien vers les cartes : Aujourd'hui & Demain)


Éloignons nous de notre sujet principal pour noter que si l'Europe, principalement grâce à la France, possède une très grande zone d'influence maritime (Z.E.E.), elle ne pourra la conserver qu'en mettant en oeuvre les moyens nécessaire pour la défendre contre les trafics, la pêche clandestine et les autres influences extérieures. Or ce 'est plus le cas depuis déjà de longues années. Les trafiquants/pêcheurs de toutes nationalités (Brésilien, Malgache, Chinois...) ne se privent pas d'exploiter nos ressources, donc de voler la France, et ce presque impunément.
Guyane, Îles Éparses, Terres australes (TAAF), Polynésie, Clipperton...
Dans le même domaine, n'oublions pas ces territoires français où règnent insécurité, trafics, bandes armées... Tel que la forêt Guyanaise d'où des tonnes d'or sont extraites clandestinement, sans que les forces de l'ordres ni les armées n'aient les moyens d'agir efficacement.

jeudi 5 décembre 2013

L'hypothèse du chaos

Allant de crise en crise, l’Europe dite du sud s'effondre avant d'avoir pu se redresser. Ses importations chutent drastiquement ce qui entraîne des remous mondiaux, si les grands pays émergents peuvent s'appuyer sur d'autres clients, l’Europe du nord, et en premier lieu l’Allemagne, voit ses exportations chuter. En quelques mois le leader économique européen bascule en récession. L'ensemble du continent s’enfonce dans une période économiquement catastrophique.
Les pays réagissent individuellement : suppression du salaire minimum, dévalorisation des retraites, suppression des prestations sociales, nationalisations ou au contraire privatisations en masse, augmentation des impôts sur les sociétés et/ou les individus, régression des services publiques, diminution des effectifs et les moyens des forces de l'ordres.

Avec l'absence de subvention étatique la domination technologique s'effondre : plus de recherche, plus d'investissement scientifique, plus de nouvelles technologies. La place est laissée aux pays émergents.

La pauvreté augmente, l'insécurité se développe et sans moyen financier les états ne peuvent réagir. Une brutale déflation de la monnaie, souvent conjugué à un retour aux monnaies nationales, permet de ne pas sombrer dans la guerre civile sur font de tension inter communautaire. Ces crise fait le jeu des extrémistes : la majorité des pays sont prêts à basculer dans le trotskisme ou le nationalisme. Les tensions entre désormais ex-alliers s'accentuent, l'ombre de la guerre recouvre l’Europe une nouvelle fois.

Ce scénario est catastrophique mais il est plausible. Est-ce le pire qu'il puisse arriver ? Non. Reprenons où nous nous sommes arrêté avec plusieurs scénario :

  • Sur l'autre rive du Bosphore, la Turquie rêve d'un nouvel empire Ottoman qui comme jadis s’étend jusqu'aux portes de Viennes, en Autriche. Profitant de la faiblesse européenne et de l’isolationnisme américain, il est très facile à la Turquie de marcher sur les Balkans. Accueillie à bras ouverts par des populations musulmanes toujours en conflits avec les autres communautés, l'Empire ottoman est rapidement reconstitué en Europe. La Guerre gagne rapidement l'Union Européenne, ou ce qu'il en reste, par le biais de la Grèce, de la Bulgarie... Après avoir désarmé massivement depuis 1991, les Européens redécouvrent le gout du sang plus de soixante-dix ans après que le son du canon se soit tu.
  • Après avoir accomplie son programme de ré-armement, la Russie est en quette de son aura passé. Pour cela elle compte reprendre le contrôle sur les pays limitrophes : Finlande, Pologne, Ukraine, pays baltes, Roumanie, voir même jusqu'à la Grèce orthodoxe. Après avoir fait pression économiquement en limitant ses exportation de gaz pour faire tomber les plus pays les plus proches sous sa coupe, la Russie montre ses muscle en déployant ses armées. L'avenir devient sombre et le bruit des bottes s'élève dans chaque capitale.

D'autres scénario tous aussi noirs les un que les autres peuvent être ébauchés. Aucun n'est fortement probable, mais aucun n'est inimaginable : de la guerre intra-européenne à un affrontement Maghreb - Europe.

La paix en Europe dépend très fortement de la stabilité de l'économie du continent et d'une relative bonne entente entre les pays qui le compose pays, mais aussi de l’existence de forces armées puissante qui dissuadent de potentiels agresseurs.

La seul façon d’éviter l'élément déclenchant le chaos est d'assurer la suivie de l'Union Européenne et de l'économie de l'Europe.
Pour cela il faut rejeter l’extrémisme et le nationalisme, accepter un partage de souveraineté avec nos voisins. Il faut aussi reformer l'Union Européenne pour en faire une véritable union politique pouvant faire pression sur les autres grands ensemble du 21ème siècle. Il faut arrêter de dilapider une puissance acquise chèrement : d'une l'éducation moribonde à une armée tronquée, d'une économie où l'industrie est faible à une administration d'une autre siècle, la France doit être profondément réformée. Car si la France à besoin de la paix, de la stabilité et de l'économie européenne, le reste de l'Europe à besoin de la France pour rester la première puissance économique mondiale.